dimanche 9 février 2020

Février

Il parait que c'est le printemps (ici, le printemps commence officiellement le jour de la Ste Brigitte, le 1er Février). Ben ça ne se voit pas. Il fait froid (on a même eu quelques nuits négatives !), gris et humides, et même les fleurs n'ont pas l'air pressées de se montrer. Aujourd'hui c'est rafales de vent et grosse pluie (hello, Storm Ciara).

Tout se passe plutôt bien à la maison. On a beaucoup diminué le temps d'écran en semaine, et comme ça commence à rentrer dans les habitudes, il y a moins de conflits. Je suis plus détendue, les enfants aussi. On arrive à avoir de bons moments spontanément, sans special time ou autre et je réalise à quel point c'est précieux (et à quel point ça nous manquait).

Je suis très déçue par le système en matière de soutien et de prise en charge, je crois que je l'ai déjà dit. Aucune nouvelle des évaluations de Dragon2, mais comme il a très bonne mémoire, il a eu tout juste lors de son test chez l'orthophoniste, elle ne croit pas qu'il puisse être hyperactif. Suite à mes demandes, tout ce que SMH a réussi à nous envoyer c'est une liste photocopiée de groupes d'activités pour enfants autistes... situés autour de Nottingham, UK (oui, la ville de Robin des Bois). A ce stade, on se demande où commence l'incompétence et où le foutage de gueule...

Heureusement, il y a Snowflakes.
Snowflakes c'est en hommage aux enfants autistes, chacun est beau et unique, et susceptible d'avoir un meltdown à tout moment. C'est une association à but caritatif montée par des parents dépités pour offrir ce que le système / l'Etat n'offre pas. Depuis un mois, donc, nous avons testé les cours de code informatique et le groupe de socialisation pour grands enfants et les dragonnets adorent. Il y a plein de jeux sensoriels, une X-box, et d'autres enfants de leurs âges, avec les mêmes problèmes qu'eux.
Aujourd'hui, on va tester la séance de ciné adaptée : lumière tamisée, son réduit et le droit de bouger et parler. Cool.

Hier, c'était les General Elections ici, les citoyens irlandais (pas nous donc) élisaient les députés qui constitueront leur 34eme gouvernement à partir du 20 février. Sans rentrer dans les détails, parce que les résultats ne sont que préliminaires pour l'instant, le choc vient du score du Sinn Fein, le parti nationaliste, qui est au même niveau que les deux grands partis historiques qui se partagent le pouvoir depuis la création de la République en 1922 (Fianna Fail et Fine Gael, alignés l'un sur la faction de Eamon de Valera, l'autre sur Michael Collins).
Curieusement, les nationalistes ici ne rêvent pas de quitter l'Europe, de renvoyer les immigrants chez eux et de fermer les frontières. Ils rêvent d'une Irlande réunifiée (il n'y a pas longtemps, ils posaient des bombes pour le faire savoir).

Les irlandais, eux, en ont surtout ras le bol des prix exorbitants du logement, conduisant à une importante crise de sans-abris, marre d'un système de santé où ni médecins ni patients ne sont satisfaits, marre d'avoir des transports en retard de 20 ans sur ce qu'ils devraient être, et surtout les jeunes ne se reconnaissent plus dans une société catho stricte, qui était la base historique de la République quand elle s'est construite. Les derniers référendums l'ont bien montré.
Bref, on verra, mais ça a plus de chances de changer la politique du pays qu'un Brexit pétard mouillé qui honnêtement n'a strictement rien changé au quotidien (pour autant qu'on puisse en juger après 1 semaine).

Encore une semaine avant les vacances, puis les cousins viennent en visite. Ca risque d'être agité, mais ça fera du bien de revoir la famille.

mardi 14 janvier 2020

Janvier

Retour au calme...

La période des fêtes a permis une bonne coupure pour Monsieur Dragon et pour les enfants, mais aussi un peu pour moi, car ça change de ne pas gérer les transports pour l'école, les lunchboxes etc... Et la route était bien plus facile pour aller travailler !
Nous avons fait notre petit Noël, et finalement, même pour 4 c'est quand même du boulot de penser aux repas, savoir quoi préparer quand, etc... Finalement, le bon côté de ne jamais faire Noël chez soi, c'est qu'on s'épargne le plus gros de tout ça !

Enfin après 2 semaines à la maison,je pense que les enfants étaient mûrs pour reprendre l'école. Petite nouveauté ce trimestre, nous avons le droit d'utiliser la drop-off zone, une zone aménagée où déposer les enfants plutôt que d'avoir à se garer loin et marcher le long de la route surchargée. C'est cool, mais ça demande un bon timing, histoire d'arriver pile dans le créneau horaire recommandé.

En voyant mes loulous sortir avec leur cartable et rejoindre la cour après m'avoir fait un rapide bisou ce matin, j'ai été ramenée 3 ans en arrière, quand la principale m'avait demandé expressément de déposer mes enfants avec 10 minutes de retard, histoire que les autres élèves soient déjà rentrés et calmés avant d'avoir à gérer l'arrivée des miens... J'avais vécu cette demande comme une discrimination, tout en en reconnaissant le bien-fondé. Savourons donc le fait que nous puissions désormais être "comme les autres" au moins pour cette partie-là. Y a pas de petites victoires.

Dans mon boulot, je suis amenée à voir des parents qui galèrent avec leurs enfants. Quand j'entends cette maman me raconter ses difficultés avec sa petite fille, je réalise qu'absolument tout ce qu'elle me décrit était valable pour Dragon2 au même âge. Et je réalise aussi que si on m'avait dit "autisme" de but en blanc à l'époque j'aurais été très choquée et en colère, et qu'il faut parfois prendre le temps. Je crois maintenant que c'est ce qui s'est passé quand nous sommes arrivés ici. Pour tout le monde, il était évident que mes fils étaient autistes, parce que le grand bouleversement du changement de pays faisait ressortir tous les drapeaux rouges. Pour moi, j'étais aussi perdue qu'eux et je n'aspirais qu'à intégrer une nouvelle normalité aussi vite que possible, je n'étais pas disposée à entendre ce qu'ils me disaient. Je regrette mes mouvements de colère envers la psychologue au manteau rouge ou la maîtresse de Dragon2 et son questionnaire catastrophique. Je regrette ces questionnaires où on te demande de cocher si tu penses que ton enfant fait quelque chose "plus, autant ou moins" que les autres, parce que parfois en tant que parent on n'a pas une idée très claire de ce que font les autres, même quand on est sensée être une pro du développement de l'enfant. Clairement, je ne mentais pas sur ces questionnaires, je n'accordais juste pas la même importance à certains signes, parce que tout le monde le faisait chez nous.

Bref ! Les choses bougent pour Dragon2, qui va avoir son OT (re)assessment et son SLT (re)(re)assessment dans les 7 prochains jours. Cette fois-ci, je connais les bonnes réponses, alors j'ai coché les bonnes cases. Tout ce tra la la est tellement artificiel quelque part. Et puis mon nouveau collègue, qui est spécialisé en ADHD, m'a offert de le voir si tout ça ne menait nulle part. On va peut-être finir par arriver à quelque chose.
Depuis la rentrée on a mis en place un cahier avec la maîtresse où elle nous dit comment il s'est comporté, et il gagne du temps d'écran en fonction. Ca a l'air de fonctionner pour le moment (la carotte a toujours mieux marché que le bâton pour Dragon2) mais je ne m'illusionne pas trop : toutes les mesures avec lui ne durent qu'un temps. Mais petit à petit on progresse.

Dragon1 est lui aussi plus apaisé. L'appareil dentaire est entré dans le quotidien, intégré dans nos routines, et tout avance bien : prochaine visite dans 3 mois si tout va bien ! Bien qu'il râle encore régulièrement, la constance de J. porte ses fruits et il accepte maintenant mieux ses règles et sa façon de fonctionner. Il aime bien l'aider à cuisiner. Son angoisse en ce moment, c'est de savoir comment il fera quand il devra quitter la maison pour aller à l'Université. Alors il a prévu d'apprendre à faire à manger et puis ensuite d'apprendre à faire le ménage, pour pouvoir vivre dans une maison propre. Je ne peux que l'encourager, même si je trouve étrange qu'il se projette déjà si loin.
Il a demandé plusieurs fois déjà à revoir une psychologue, parce qu'être autiste c'est bien (il avait vu une vidéo dessus à l'école et il avait bien envie d'être comme ça) mais c'est quand même pas facile, et c'est injuste que tout lui demande plus d'efforts que les autres (pas tout on est d'accord, mais c'est comme ça qu'il le ressent).
Je n'ai même pas essayé de contacter SMH pendant les fêtes, j'ai galéré à trouver le bon répondeur où laisser mon message (parce que je ne sais toujours pas qui remplace ma key worker qui est partie en février dernier...) et il a fallu 10 jours pour que quelqu'un me rappelle pour me dire, devinez quoi... qu'il n'y a pas de psychologue (gagné!) mais que peut-être y en aura une dans quelques semaines, mais qu'elle a déjà une pile monstre d'affaires urgentes en retard, alors qu'on va voir ce qu'on peut faire mais que c'est pas sûr et qu'on me rappelle. Franchement, c'est déprimant pour les parents mais je me demande quel soignant ne finit pas en burn out dans ces conditions. C'est pitoyable.

Au final, les gens s'organisent autour de ce grand vide, et j'ai pris contact avec une association créée par des parents d'autistes qui financent et organisent eux-même des groupes de pairs ou des séances de psychomotricité. Je me dis que rencontrer d'autres enfants dans le même cas que lui aiderait sans doute Dragon1 à relativiser, ou au moins à partager son ressenti. On verra bien.

De mon côté, les choses se rôdent un peu. L'arrivée d'un nouveau collègue va sans doute amener quelques changements, mais c'est assez encourageant. Il n'y a pas vraiment assez de demande pour l'instant pour occuper deux pédiatres, mais la Compagnie entend bien faire de la pub d'ici le printemps et s'attend donc à une augmentation de l'activité dans les mois qui viennent. Puis tant qu'à faire de la pub, autant demander à un docteur de parler de ce qu'il fait, et c'est comme ça que je me suis retrouvée hier en studio d'enregistrement. Moi qui ai horreur d'entendre ma voix enregistrée. Bref, avec la magie du remixage et des effets j'espère qu'ils arriveront à en faire quelque chose.

En attendant, janvier passe. Il fait toujours noir et froid et moche (coucou Storm Brendan !) mais on a reçu à Noël une lampe de luminothérapie pour faire croire à notre cerveau que y a du soleil et qu'il doit pas tant déprimer, et des ampoules connectées pour s'allumer et s'éteindre toutes seules et pouvoir choisir la couleur et tout. On lutte contre l'hiver comme on peut...

Côté santé, ma prise de sang faite pour tout autre chose en Octobre avait révélé une ferritine élevée, ce qu'a confirmé le contrôle fait la semaine dernière. Le fer a l'air bon, donc c'est peut-être une inflammation, mais tout le reste est nickel. Le docteur est perplexe et je ne sais trop qu'en penser. Evidemment, j'ai mal partout et je suis fatiguée, mais ça pourrait être quelque chose de vrai ? Allons donc ! Nouvelle prise de sang demain, on va tâcher d'y voir plus clair.

Voili voilà pour les nouvelles. J'ai pas vraiment de voeux à formuler pour 2020. Rien de spécial ce serait bien.

samedi 21 décembre 2019

Décembre



En Irish, Décembre se dit mi na Nollaig (il manque des accents que mon clavier ne fait pas), mais en gros, Décembre, c'est le mois de Noël, et puis c'est tout.
Et il faut bien dire que c'est vrai. Mais personnellement j'aime bien les lumières, les Père Noël et les elfes, les chocolats et les mince pies. Ca aide à supporter la pluie froide, les tempêtes, le jour faiblard qui se lève à 9h et se termine à 15h30.

Que devient la famille Dragon pendant ce temps ? Eh bien on continue notre adaptation.
Des semaines difficiles pour Dragon1, qui espérait que nounou à domicile = temps d'écran infini, et qui déchante un peu, dont le sommeil est redevenu plus chaotique, et qui pour couronner le tout vient d'avoir son appareil dentaire posé. Les 72 premières heures ont été vraiment difficiles, ce machin inhabituel dans la bouche (lui qui mange toujours ses doigts !), ne pas pouvoir croquer, ne pas pouvoir mâcher, ne plus pouvoir profiter des friandises au caramel qui sont dans son calendrier de l'Avent, un brossage de dents en 3 étapes matin et soir... Très compliqué. On commence à s'habituer doucement là aussi, le dentiste était content à la visite d'hier, mais il était vraiment temps que les vacances arrivent parce qu'on est sur la réserve, niveau capacité d'adaptation.

Pour Dragon2, on aurait dit que ça allait plutôt, il est tout mignon à la maison, très câlin, il dévore les livres en 1 jour et demi, il invente des trucs en légos. Il râle avec la nounou et n'hésite pas à dire quand ça ne lui plaît pas, égal à lui-même, quoi. Il dort bien, mais ses capacités d'écoute sont au plancher, il faut sans arrêt répéter, répéter, répéter, et quand il commence enfin à faire ce qu'on lui demande, il oublie en chemin... Nous avons été convoqués par la maîtresse la semaine dernière parce que ça devenait invivable à l'école, et nous avons dû indexer le temps d'écran sur le comportement en classe. Quelque part, ça me chagrine un peu, parce que je sais que passer 1h à regarder des vidéos débiles sur YouTube kids est sa façon à lui de déconnecter, et ça me dérange de lui enlever ça quand il en a le plus besoin, mais il faut bien reconnaître que c'est aussi la seule façon de l'atteindre suffisamment pour qu'il fasse l'effort de modifier son comportement.
J'ai l'impression que je suis la seule à réaliser combien ça lui coûte, que sa façon d'être n'est pas un choix ou de la paresse mais bien quelque chose qu'il ne contrôle pas bien. La psychologue nous a rayé de sa liste en attendant le nouvel assessment of needs, mais nous a d'emblée remis sur la liste d'attente, histoire qu'on gagne quelques mois quand ce sera fait et qu'on réalisera (oh surprise !) qu'il a besoin d'une prise en charge psychologique. Le groupe social que tous les professionnels recommandent, qu'on nous a proposé en juin, qui devait avoir lieu en Septembre, puis finalement non, en Janvier, n'aura finalement lieu qu'en Mars (si la nouvelle recrue qui doit arriver fin Janvier arrive vraiment).  A ce stade, c'est même plus de la misère, je veux dire on en est à 3 ans après la demande de prise en charge et il n'y a encore aucun support concret d'offert. C'est juste désespérant.
Je ne veux pas être celle qui porte la décision de le médiquer pour son THADA, surtout qu'il n'est toujours pas officiellement diagnostiqué, mais bordel, c'est dur se se dire qu'on en chie, qu'il se sent nul et en échec en permanence, et qu'on pourrait l'aider mais qu'il faut encore attendre.

MonsieurDragon a eu lui aussi des semaines assez agitées au boulot, à sauver le monde informatique en agissant dans l'ombre, mais ça a au moins le mérite de lui attirer les compliments de ses chefs et une augmentation, alors c'est bien. Lui aussi attendait les vacances avec impatience (en espérant que le monde informatique ne se casse pas la figure tout de même, vu qu'il est d'astreinte la moitié du temps - puisqu'on reste sur place, autant permettre à ses collègues de partir).

Moi ? Pareil, je passe mon temps et beaucoup d'énergie à m'adapter. J'aime beaucoup l'activité de consultation. J'ai une grande pièce calme et tranquille, plein de temps, une infirmière avec moi, et mon activité ressemble beaucoup à ce que je faisais au Paediatric Assessment Unit. Jusqu'à présent je n'ai eu qu'un lapin, et le reste des gens que j'ai rencontré sont en majorité des parents sensibles et inquiets, mais pas trop de "jeveuxZetjexige" que je redoutais.
L'activité d'urgence ça me change davantage. Je veux dire cliniquement c'est pas hyper compliqué (otite / grippe / angine), mais je suis la seule pédiatre dans une équipe d'adultes, et ça me fait tout drôle. Je veux dire okay, y a 3 guirlandes et un sapin mais personne ne porte de blouse à motifs et je suis la seule à consulter avec un serre-tête renne ! Sur le site A, tout le monde est gentil avec moi mais chacun fait sa sauce dans son coin, c'est plutôt un regroupement de médecins qui font chacun leurs consult, mais il n'y a pas vraiment "d'équipe" à proprement parler. Même les infirmières font leur taf mais ne cherchent pas à échanger sur les enfants. C'est étrange.
Sur le site B l'ambiance est meilleure, et puis c'est bien plus proche de la maison. 2 ou 3 des médecins sont des filles de mon âge ou un peu plus jeunes avec qui le courant passe bien. Hier, on est sorties en ville boire des cocktails et c'était vraiment cool.
Ce qui me fatigue le plus, pour l'instant, ce sont les trajets jusqu'au site A. Il faut se lever tôt pour espérer passer avant la cohue, et même comme ça il y en a pour une heure de route en accordéon, un coup ça roule, un coup ça freine. Pour peu qu'il pleuve en plus, ça devient vraiment galère, surtout de nuit. Je m'occupe en comptant combien de voitures je suis en moyenne sur un trajet (entre 8 et 10) ou en apprenant la configuration de la M50 et les différents "points chauds" et sorties.

Enfin voilà, décembre s'achève, j'ai reçu mon premier salaire ce qui fait du bien au compte en banque, quand même, après des mois à puiser dedans sans rien y mettre... Financièrement, c'est encore un peu galère avec la nounou, qui n'a toujours pas ses papiers en ordre, qui semble tomber des nues en découvrant le prélèvement à la source, et qui demande avance sur avance. Je n'ai rien à lui reprocher sur son boulot avec les enfants (enfin si, les chaussures boueuses de Dragon2 dans la machine à laver qui ont laissé des graviers partout :) mais j'espère qu'on va réussir à aplanir tout ça.

Pas de vraies vacances pour moi, mais une semaine "allégée" la semaine prochaine où je reste à la maison le 24-25-26. C'est déjà pas mal, et puis j'espère que ça roulera mieux.

Eggnog : lait, sucre, jaune d'oeuf et whiskey, surmonté du blanc battu en neige. 

mardi 26 novembre 2019

Novembre

Novembre est toujours un mois compliqué. Il commence avec le changement d'heure et les jours qui raccourcissent, la Toussaint. Il fait nuit, il fait gris, il fait froid, il pleut. Jusque là, ce mois de novembre 2019 coche toutes les cases.

Puis je lève la tête, et il y a des décorations de Noël qui poussent un peu partout, et ouh là là c'est dans moins d'un mois, et je ne suis pas, mais alors vraiment pas dans le mood.

J'ai donc repris le travail. J'arrive pour prendre une place là où il n'y avait rien ou presque avant, et c'est à la fois excitant et perturbant. Je n'ai pas de modèle sur lequel m'appuyer, je dois trouver ma place dans 3 équipes différentes qui se passaient très bien de moi jusqu'à présent. La façon de fonctionner est différente aussi, j'arrive plus tôt dans l'histoire du patient, donc je dois réapprendre les réflexes de prescription en soins primaires (qu'honnêtement je n'ai pas pratiqué depuis quasiment 5 ans...)

Bref, c'est prometteur, mais pour l'instant je me sens encore bien paumée, genre comme un début de stage d'interne quoi. Vivement que je prenne mes marques.

Côté organisation à la maison, ça se met en place aussi. Dragon2 se laisse apprivoiser doucement, Dragon1 apprécie d'être chez lui. Il y a bien eu 2 ou 3 petits meltdowns, mais honnêtement rien de trop méchant et vite gérés. Pourvu que ça dure ! Pour moi, c'est très rassurant de savoir que je peux compter sur J., et très agréable de trouver le repas qui mijote quand je rentre du travail.
Evidemment, ce n'est pas forcément ce que nous avons l'habitude de manger, les casseroles ne sont plus rangées tout à fait à leur place, et j'ai eu un coup au coeur quand j'ai vu que mon levain avait disparu du comptoir, mais c'est pareil, c'est juste une histoire d'adaptation.

Le plus difficile, honnêtement, c'est de se lever à 6h pour partir à 7, pour avoir une chance d'arriver avant 9h. C'est vraiment ridicule et fatigant de faire du yo-yo sur le périph' quand le même trajet en milieu d'après-midi ne prend que 35 minutes. Je vais pousser à fond pour que mon activité se développe davantage dans CliniqueDACôté.

Enfin voilà.
Pour ajouter un peu de piment dans tout ça, Joséphine la voiture a été immobilisée 15 jours, mais elle a fini par passer le contrôle technique (youpi !) MonsieurDragon était absent la semaine dernière, Dragon1 a commencé l'orthodontie, et la psychologue a officiellement clôturé la prise en charge de Dragon2 (tout en me faisant remplir une autre demande, histoire de griller la liste d'attente vu qu'elle est à peu près certaine qu'on re-fera appel à elle pour quand il sera officiellement diagnostiqué...)
Ne reste qu'à attendre le bon vouloir de ces messieurs-dames de l'AON, donc. Déjà 6 mois depuis la demande, avec un peu de chance, ce sera fait début 2021...

mercredi 6 novembre 2019

Au boulot !

J'ai été vraiment déçue par la réaction des services administratifs de l'hôpital lorsque le médecin qui partageait mon mi-temps est parti ailleurs : après m'avoir (logiquement) proposé de le remplacer à temps plein, ce que j'ai refusé, ils ont préféré embaucher à temps plein un autre docteur (un petit protégé du chef de service de l'époque, s'il faut le dire), me laissant dans les limbes quant à mon avenir.
Il a fallu que je leur écrive très clairement qu'en l'absence de contrat, je ne travaillerai plus après la date de départ de mon collègue, et que vu qu'ils ne m'avaient pas signifié ma résiliation, j'attendais néanmoins 3 mois de salaire pour qu'ils se bougent enfin. Leur solution fut de me proposer une extension de 6 mois, avec pour mission de me consacrer aux listes d'attente de consultation histoire qu'ils puissent toucher la prime que le gouvernement attribue aux hôpitaux qui travaillent bien. Le chef de service, lui, avait dans l'idée que j'étais plutôt une "remplaçante mobile", et que je devais faire une semaine de service pour chacun de mes collègues, histoire de leur permettre de partir en vacances.
J 'ai tenu deux mois à ce double rythme (tout en étant à mi-temps, hein), avant d'aller rapporter aux administratifs que je ne pouvais pas aider aux consultations vu que je remplaçais dans les services, et que le chef m'annonce un matin que je ne devais plus me consacrer qu'aux consultations (il n'était pas très content, mais c'était pas très grave, il avait eu ses 3 semaines de vacances, et son poulain aussi).

Ainsi libérée, je suis venue à bout des consultations en attente en un mois de moins que prévu, et j'ai pris sur moi d'avancer un peu sur d'autres activités jusqu'à la fin annoncée de mon contrat. Cette fois, personne ne m'a approchée pour que je reste, et à vrai dire, je ne sais pas si j'aurais accepté. Je suis donc partie un peu en catimini (merci Dragon2 qui a été malade juste mon dernier jour), mes collègues m'ont juré qu'ils feraient appel à moi pour de l'intérim et que j'allais beaucoup leur manquer, et puis je n'ai plus eu aucune nouvelle.

Cette pause a été salutaire. C'était très bien de pouvoir rester à la maison avec mes fils, de pouvoir profiter de mes vacances sans le payer en doublant les gardes / bossant deux fois plus le reste de l'été, de pouvoir prendre le temps, aussi, de réfléchir à ce que je voulais / pouvais faire. De prendre du temps pour moi, ainsi que me le conseillait ma psy.
J'ai vite compris que l'intérim ne me conviendrait pas. Il me faut du temps pour m'adapter, il me faut de la régularité et de la prévisibilité : bref, hormis un remplacement régulier et pas trop loin de la maison, ça paraissait difficile.
Du coup, je me suis demandé s'il serait possible d'intervenir dans la clinique privée à 20 km d'ici. Ce fut compliqué de trouver le bon interlocuteur. Il n'y a à l'heure actuelle qu'un service de consultations sans rendez-vous, qui emploie uniquement des généralistes (ma copine D., de l'agence de recrutement a eu du mal à comprendre dans quelle case me mettre sur son petit algorithme...) Finalement, elle a passé la main à un docteur, qui a vite compris qu'il ne pouvait rien pour moi, mais m'a enfin donné un contact susceptible de m'être utile.

A partir de là, les choses se sont mises en route, doucement. Oui, il existe un service privé de consultations pédiatriques (même qu'ils en font la pub au cinéma maintenant !). Oui, ils sont intéressés par un nouveau pédiatre. Au fil des interviews, il apparaît même qu'il existe un grand projet de pôle pédiatrique privé, et qu'il faut un ou deux médecins pour coordonner tout ça. Dans la mesure où je n'ai pas d'autres engagements, et avec mon expérience de touche-à-tout et d'interface avec les généralistes, je suis une candidate intéressante.
Au final, je ne sais pas ce qui les a décidé. Sans doute que j'étais la bonne personne au bon moment.
Ils m'offrent de devenir salariée chez eux, pour assurer d'une part des consultations pédiatriques dans les locaux actuels au Sud de Dublin, d'autre part l'accueil des enfants dans la clinique de consultations sans rendez-vous proche de la maison. Avec dans l'idée de bâtir une équipe pour implémenter ce fameux pôle pédiatrique.

C'est super intéressant. Et un peu flippant, il faut admettre, mais enthousiasmant. Oui, je vends mon âme à la médecine privée, celle qui dit que seuls ceux qui payent une assurance santé peuvent arriver jusqu'à moi. Mais : j'ai des locaux clairs et adéquats, une infirmière et une secrétaire dédiées, un logiciel informatique, du temps pour voir les patients, et de vraies solutions à proposer derrière. C'est très tentant, cette possibilité de pouvoir faire de la "belle médecine".
Et puis j'aime bien l'idée de participer à la naissance d'un projet (coucou, la réa néonat...). Est-ce que ce sera aussi chaotique et fastidieux que mes expériences passées, ou est-ce qu'avec la volonté politique et les moyens financiers il y a enfin des chances de parvenir à quelque chose ?

Alors voilà, sauf catastrophe imminente qui m'empêcherait de signer mon contrat, je recommence au 15 Novembre.

Du coup, il faut trouver un mode de garde pour les enfants. Là encore, prendre le temps de la réflexion a été salutaire. L'afterschool, c'est trop compliqué. C'est la solution la moins chère mais les places ne sont pas garanties, il y a du bruit et de l'agitation, et surtout ça oblige à être à l'heure et ne résout pas le problème des jours "de crise" où l'école appelle parce qu'ils sont malades ou en meltdown. Si je dois travailler à l'autre bout de la ville, je veux pouvoir partir bosser tranquille, qu'ils soient malades ou non, et savoir que quelqu'un sera là en cas de problème.

Ce sera donc une nanny, qui vient et s'occupe des enfants et de la maison quand je travaille. Quelqu'un qui sait y faire avec les enfants autistes, qui a une voiture et peut les conduire à l'école (ou ailleurs si besoin), qui me fera un peu de ménage et les repas du soir et sur qui me reposer pour pouvoir être 100% au boulot ou 100% à la maison dans ma tête.
Pareil, j'ai traîné longtemps sur les sites d'offres, j'ai contacté quelques personnes, il y avait toujours un problème, ou bien le mi-temps n'intéressait pas. Au final, la situation s'est débloquée d'un coup, deux jours avant qu'on ne m'offre le poste : une vraie nanny, expérimentée, qui vit dans le coin, qui est disponible. La bonne personne, au bon moment. Alors certes, c'est une bonne partie de mon salaire qui va y passer, et il va sans doute falloir un temps d'adaptation avec les enfants, mais j'espère vraiment que ça va fonctionner.

Un nouveau départ, donc. Un nouveau cycle, comme tous les 2/3 ans. Cette fois, on ne déménage pas (toujours pas trouvé de maison, et on va avoir un peu autre chose à penser là), mais un petit renouveau. Zou, au boulot !


samedi 19 octobre 2019

Octobre

Revoilà l'automne, les arbres nus, la pluie, le vent, les tempêtes... (En début de mois, Lorenzo s'est invité, mais il s'est vite dégonflé et il n'y a pas eu de gros dégâts à déplorer).
Revoilà les jours qui rétrécissent à vue d'oeil, le froid humide qui vous attrape les épaules quand la maison n'est pas chauffée, la goutte au nez en permanence.

On lutte comme on peut, à base de pain et de gâteaux maison.

Les scénaristes du feuilleton Brexit n'ont plus vraiment d'idées, au point que, à 15 jours de la date fatidique, ce qu'on ressent surtout ici c'est une grande lassitude. Aw, the feck with it. Ceux qui l'ont le plus mauvaise, ce sont les Nord Irlandais, à qui on fait bien ressentir qu'ils ne font pas vraiment partie du Royaume-Uni, mais quand même un peu, si, parce que voilà, mais bon, c'est des péquenots, ça compte pas pareil...
Le dernier accord prévoit donc une façon de ne pas faire de frontières, tout en donnant à l'Irlande du Nord un statut spécial. En gros, les biens seront taxés en franchissant la mer d'Irlande. Si c'est pour rester en Irlande du Nord, les commerçants seront remboursés des droits qu'ils ont payé en trop. Mais si ça circule jusqu'en République, alors non. Enfin c'est ce que j'ai compris. On met la frontière en mer d'Irlande, et les Nord Irlandais se débrouillent avec les différences de taxes entre UK et EU.
Je pense qu'il y a des pros du marché noir qui doivent se frotter les mains, mais on peut voir ça comme une sorte de soutien à l'économie locale, j'imagine.
Bref.

Chez nous, ça va. Les différentes tractations et démarches pour mon potentiel futur emploi avancent à un rythme très irlandais, mais enfin c'est toujours d'actualité, alors je prends mon mal en patience.

J'ai eu rendez-vous avec la maîtresse de Dragon2, comme à chaque début d'année. Elle confirme qu'il est à l'école comme à la maison : souvent debout, quand il en a marre de travailler, il se lève et va bouquiner sans rien demander à personne, et il n'entend que par moments. Quand quelque chose ne l'intéresse pas, il le fait savoir haut et fort. Quand quelque chose l'intéresse, il est super motivé, il partage, il aide volontiers les autres.
Il n'a pas de resource hours cette année, vu qu'il ne participait pas beaucoup. Il avait une SNA dédiée en début d'année, mais elle a été attribuée ailleurs. Il y a 2 SNA qui interviennent à mi-temps dans la classe, elles interviennent avec lui quand c'est nécessaire.

Parmi les choses mises en place pour lui, il y a sa  lizard box. C'est une boîte à chaussures décorée par ses soins, où on trouve des coloriages (de lézards, évidemment), du slime, un kaleidoscope, un petit lézard en plastique à triturer, un casse-tête en métal... La maîtresse a prévu de changer régulièrement ce qu'il y a dedans, pour ajouter un effet de surprise. Quand il a bien terminé son travail, il a le droit de jouer avec un moment. Pour l'aider à se faire des copains, il a aussi le droit de choisir quelqu'un pour venir jouer avec lui.
Je trouve cette mesure super intelligente.
D'abord ça lui donne la motivation nécessaire pour faire l'effort de finir son travail. C'est aussi une façon de reconnaître que ça lui coûte et de le récompenser. Ca fait un petit break entre deux activités. Ses camarades l'encouragent et le courtisent. Au lieu d'être l'enfant différent et privilégié, il devient le mec cool avec qui on peut jouer au slime en classe.
Et franchement, ça coûte une boîte en carton et 3 gadgets, mais je n'imagine pas ce genre de solutions en France. Il serait puni pour se lever de sa chaise, et aurait une mauvaise note pour travail non terminé. Du coup, ça le découragerait et il ne ferait plus rien. Je vois trop sa tête d'ici. (Peut-être que je me trompe, et tant mieux si c'est le cas. Mais je ne parierais pas dessus).

Côté diagnostic, toujours zéro nouvelles. Là aussi, les choses avancent au rythme irlandais. La maîtresse n'arrivait pas à croire qu'il ait été refusé au CAMHS une deuxième fois. Son hyperactivité est tellement évidente pour ceux qui le côtoient.

Enfin, j'imagine que pour l'instant, ça va. J'étais à l'école hier en tant que parent volontaire pour animer des petits ateliers pour la semaine des maths, et quelque part, j'étais contente de constater que parmi les élèves que j'ai vus, les deux miens sortaient du lot, certes, mais pas tant que ça, finalement. En revanche, il y avait bien deux ou trois enfants beaucoup plus agités, ou mutiques, ou juste "de contact différent" et ça m'a fait du bien, quelque part, de constater le chemin parcouru par les miens.


mercredi 9 octobre 2019

Réflexions sur le système de santé

Puisque je suis encore homemaker (personne au foyer, mais j'aime bien le terme anglais), j'en profite pour régler la paperasse accumulée au cours des mois écoulés.

Parmi lesquelles les impôts, les allocations, la mutuelle.

Les impôts déjà... Ici, le prélèvement se fait déjà à la source, avec des échelons en fonction des revenus. Et c'est deux organismes différents qui gèrent les revenus salariés des autres revenus (libéraux et capitaux entre autre). Sans surprise, Monsieur Dragon et moi nous sommes au plus haut taux d'imposition. Mais comme on a eu des frais, et qu'il a mis de côté pour sa retraite, on a eu "une remise", et au final ils nous ont rendu des sous. Ca tombe bien.

Donc oui, ici, pas de sécu. Les enfants de moins de 6 ans et les gens de plus de 70 ans peuvent bénéficier d'un "tiers payant intégral" chez le généraliste, mais il faut en faire la demande. En revanche, il est possible de déclarer sur le site des impôts tous ses frais de santé (justificatifs à l'appui) et d'obtenir une ristourne.

De même, les médicaments ne sont pas remboursés. Jamais. Il existe un système pour ne pas se ruiner où l'Etat prend en charge les frais de pharmacie au-delà de 144 €/mois, mais pareil, il faut en faire la demande. Et ça laisse quand même 144 € à la charge du patient... Autant dire que les gens qui se battent pour faire rembourser leurs billes en sucre à 2,49 € ça paraît d'une autre planète, vu d'ici.
Mais pareil, si tu photographies tous les tickets de caisse de ta pharmacie* et que tu les mets sur le site des impôts, tu peux avoir droit à une ristourne. (* Et il n'y a qu'à espérer que la loi GPRD est bien respectée, parce qu'une administration qui sait par le menu tous les médecins que tu as consultés et tous les traitements que tu as eus au cours de l'année écoulée peut en déduire pas mal de choses...)

Et au final, ça fait réfléchir. Déjà parce qu'en pharmacie on a dépensé plusieurs centaines d'euros l'année écoulée. C'est jamais beaucoup à la fois, mais 15 euros ici, 25 euros là... L'autre chose que ça m'a permis de constater, c'est que le prix des médicaments n'est pas régulé.
La mélatonine de Dragon1, par exemple, que je prends en même quantité tous les mois. Sur 5 pharmacies différentes, 2 ont des prix similaires (18 €/30cp), 1 à la moitié (9€), l'autre le double (31€), et la dernière c'est encore mieux, comme elle n'avait plus de 3mg, elle m'a donné 30 cp de 2mg et 30 cp de 1mg (jusque là, ok), pour 20€ chaque soit 40€ !
Bref, en fonction du traitement qu'il vous faut, mieux vaut aller dans telle ou telle pharmacie. Evidemment, personne ne vous le dit, ça. Et puis si on a un traitement coûteux, mieux vaut acheter  tout plein d'autres médicaments le même jour pour dépasser les 144 € et ne pas en payer une partie.

Vu que ça chiffre, et qu'on ne sait jamais quand on va tomber malade et devoir sortir plein de sous imprévus, la solution c'est de prendre une assurance santé privée. Ce n'est pas une mutuelle. C'est des sous que tu payes tous les mois pour être remboursé en cas de sinistre (même principe que pour ta voiture). Ca coute des sous. Que tu donnes après avoir payé tes impôts (des fois, ton employeur est gentil et en paye une partie, comme aux US - c'est ce que fait pour nous BigCompany. Mais c'est déduit de ton salaire, faut pas déconner non plus).
En Irlande, grosso modo la moitié de la population a une assurance santé. Mais comme pour ta voiture, tu payes d'abord, et tu envoies les papiers après, et s'il n'y a pas de petites lettres en bas de ton contrat, tu es remboursé. (Ou bien tu vas dans un garage/centre de santé agréé, et là tu n'avances pas tous les frais : c'est dans un de ces établissements que j'attends de savoir si je peux travailler).

En ce qui nous concerne, je gère beaucoup de bobologie à la maison, je n'ai pas l'impression que nous soyons d'énormes consommateurs médicaux. Et bien en colligeant tous les frais susceptibles d'être remboursés, j'arrive quand même à 1300 € de frais médicaux divers (sans compter mes dents). La consultation médicale est entre 30 et 50 € ici, et la moindre visite psy à 100€. Je ne sais pas combien seront pris en charge. Je me demande si du coup il y a des risques que notre prime augmente l'an prochain. Est-ce qu'il y a des bonus/malus en santé aussi ?

Les dents, c'est une autre police d'assurance à part. Pour mon implant à 1400 €, j'ai été remboursée 250. C'est mieux que rien. Mais du coup, j'ai pas intérêt à en péter une autre avant 2 ans, sinon c'est tout pour ma pomme.
Pour l'orthodontie des enfants, sur 4000€ de devis, il y a possibilité d'être remboursé max 1200€, après formulaire, étude des radios, et avis d'expert. Genre, ça fait cher le joli sourire, quand même.
Si tu remplis un formulaire, l'Etat peut en prendre une partie en charge. Mais pas pour moi, parce qu'en ayant travaillé 3 ans à mi-temps, j'ai pas encore assez cotisé pour y avoir droit (idem pour les lunettes, soit dit en passant).
Mais bon pour les dents (pas les lunettes) : si tu remplis un autre formulaire et que tu l'envoies aux impôts, t'as peut-être le droit à une ristourne.

Et les allocs ? Certaines sont sans conditions de ressources, mais pareil, on n'a rien sans rien : il faut constituer ton dossier de 400g et l'envoyer au bon endroit.
J'ai donc le Child Benefit (payé pour tous les enfants scolarisés) et la Domiciliary Care Allowance (allocation enfant handicapé, du fait du diagnostic de Dragon1). Bien que je ne travaille pas pour m'occuper de lui, je n'ai droit à rien de plus, parce que je n'ai pas cotisé assez. Je n'ai pas le droit au chômage car je n'ai pas travaillé assez longtemps. Si je re-travaille à temps partiel, je n'ai pas le droit à un complément, parce que Monsieur Dragon est au-dessus des barèmes.
Je ne me plains pas, hein. Mais les français qui râlent pour leurs sucrettes à deux sous sans apprécier ce qu'ils ont, ça me fait sourire jaune.

Autant je trouve le système scolaire meilleur en Irlande, autant le côté santé/social laisse à désirer. Une des plus riches start-up du pays c'est GoFundMe, un site pour créer des cagnottes pour aider tes voisins à payer leur cancer. Y a sans doute un juste milieu entre ça et ceux qui exigent des examens coûteux et inutiles "parce qu'ils payent des impôts, ils y ont droit".