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vendredi 26 février 2021

Lockdown 3 : Living with Covid

 Vivre avec le Covid... C'est ainsi que s'intitule le nouveau plan du gouvernement. Lentement mais sûrement, le "nouveau normal" prend sa place.

Vivre en temps de Covid, c'est surtout rester chez soi : sans surprise, le niveau 5 a été prolongé, au moins jusqu'à début Avril. Vu qu'on a commencé fin Décembre, ce sera officiellement le confinement le plus long qu'on ait connu. Les magasins non essentiels restent fermés, restos et bars aussi, évidemment.

Les chiffres ayant cependant diminué, une reprise de l'école est envisagée, et a été confirmée pour les élèves les plus jeunes et ceux de Terminale. Si tout ne re-flambe pas d'ici là, les dragonnets devraient reprendre 15 jours plus tard, mais on n'ose pas encore trop y croire. Ils n'ont pas encore recommandé les masques en primaire, je me demande quand ça viendra (parce que ça me semble un peu inévitable). Autant ça paraissait compliqué de faire porter le masque à des 6 ans l'an dernier, autant maintenant j'ai de plus en plus d'enfants, même petits, qui arrivent masqués à la consultation. Porter un masque ça s'apprend, et ils apprennent super vite à cet âge, surtout s'ils voient tout le monde le faire. 

Mais c'est à peu près tout ce que dit le plan. Ils ne s'engagent pas sur des dates ou des mesures comme en Décembre où ça a tout foiré, juste ils préviennent déjà que quand ré-ouverture il y aura, ce sera tellement petit que ça se remarquera à peine (qui aurait cru qu'on serait un jour excités à l'idée de pouvoir se promener à 8 km de chez soi ou d'aller faire un tennis en extérieur ?). Les bars et les restos, pas avant cet été a priori, les hôtels on ne sait toujours pas.

Enfin ! Au moins les vaccinations avancent, lentement mais sûrement. Tous les résidents et personnels des maisons de retraite ont été vaccinés, les personnels hospitaliers sont en bonne voie, les autres personnels de santé commencent, et les généralistes ont commencé la vaccination des plus de 85 ans en ville.

J'ai eu droit à ma première injection mardi dernier, AstraZeneca parce que je suis jeune et que les deux autres sont pour l'instant réservés aux personnes âgées. J'ai pas vraiment eu le choix, et pour le coup, ça me semble judicieux de ne pas tergiverser sur Bidule qui veut celui-ci et pas celui-là, blabla. On vaccine avec ce qu'on a point barre. De toutes façons, ça ne permet pas de se dispenser des masques et des mesures barrières. Ca permet juste, si je le choppe, de m'éviter une forme sévère, et c'est déjà pas si mal. Cerise sur le gâteau qui semble se confirmer : ça m'évite, si je le choppe, de le passer à mes proches et ça c'est carrément bien. Les chiffres semblent montrer qu'à peine 3 semaines après avoir débuté la vaccination, le nombre de cas dans les Ehpad et parmi le personnel de santé avait chuté beaucoup plus vite que ne l'explique la baisse dans la population générale.

L'AstraZeneca utilise aussi une nouvelle technologie, certes moins glamour que le mRNA, et est réputé pour donner un bon syndrome grippal après la première injection chez 70% des gens. Personnellement, je n'ai pas eu de fièvre, mais bien fatiguée pendant 24h, avec des maux de têtes et des frissons, et le bras vaguement endolori. Ca va, c'est pas affreux. Faut juste pas prévoir d'être productif le lendemain, quoi.

Nous avons aussi passé la visite de suivi de Dragon2. Le chirurgien, avec toutes les radios qu'il a vu passer, confirme ce que le radiologiste n'a pas vu : un petit trait de fracture léger de la tête du radius (on dit Salter-Harris II dans sa langue à lui) qui explique l'épanchement à la fois au niveau du poignet et au niveau du coude. Sur la radio de contrôle, il est déjà en bonne voie de réparation, et le scaphoïde n'a rien, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. On a donc enlevé le plâtre et on l'a remplacé par une attelle amovible, plus pour éviter de reprendre un coup sur un zone encore fragile que pour autre chose, à garder deux semaines de plus.

On a donc repris l'école à la maison. Un peu moins pire que ce que je redoutais. Malgré tout, ça ne reste pas idéal. Ou alors c'est moi. J. m'a redit aujourd'hui qu'il fallait vraiment que je parte le matin, parce qu'ils travaillent tellement mieux quand je ne suis pas là... Genre je les perturbe quoi. Pourtant, quand je suis avec eux le mercredi, j'ai pas l'impression qu'ils soient si perturbés que ça. Je ne sais pas pourquoi elle me dit ça. Je ressens ça comme "casse-toi, laisse-moi faire mon boulot, t'es bien trop laxiste comme mère, mais je peux pas te le dire en face", mais je ne sais pas si c'est moi qui suis parano ou elle qui a tellement eu l'habitude de bosser avec des parents démissionnaires que ça la dérange beaucoup que je m'implique. Les gens, c'est pas facile des fois.

Enfin, on verra si ça clashe la semaine prochaine ou pas, vu que j'ai posé des congés mais pas elle, et que donc on sera à deux toute la semaine. C'est la semaine des anniversaires des enfants, quand j'ai posé mes congés en janvier je pensais qu'ils seraient à l'école et que ça serait sympa de les récupérer l'après-midi pour aller se balader. Haha. 

Au moins, y aura du gâteau !

mardi 2 février 2021

(Parenthèse : les écueils de la communication)

 Je veux ici relater une anecdote qui à mon sens illustre bien les difficultés qu'on peut rencontrer avec un enfant autiste.

Le lundi n'est jamais facile : une semaine recommence, je travaille, et il faut reprendre le homeschool. Hier, au moment du repas, Dragon2 s'est adressé à J. et lui a dit "Je ne t'aime pas. Je n'aime pas quand tu es là. Et je crois que c'est pour ça que je n'aime pas ce que tu fais à manger." Il a été puni. Il doit produire une lettre d'excuses manuscrite.

Quand je suis rentrée, il était dans sa chambre et J. m'a expliqué la situation en disant : "Je ne lui en veux pas, mais il doit comprendre qu'il ne doit pas me manquer de respect. Je vous demande de le priver d'écrans jusqu'à ce que j'ai eu ma lettre."

Quand je suis montée le voir, Dragon2 était vraiment bouleversé. Très en colère. "J. elle est méchante !"

En reprenant les choses calmement avec lui, il apparaît qu'il n'a pas compris du tout pourquoi il était puni. Pour lui, c'était une décision arbitraire, et volontairement méchante puisqu'elle a choisi comme punition la chose qu'elle sait qu'il déteste le plus. Et elle use de son autorité pour le priver d'une chose qu'il aime tant qu'il n'a pas obéi à sa décision.

Jusqu'à ce que je lui explique, Dragon2 n'avait pas réalisé que ses paroles pouvaient blesser J. Il n'est pas venu le lui dire dans l'intention de l'attaquer, puisque (j'allais dire, par définition) il ne se met pas à la place de la personne qui reçoit ses paroles. (Et probablement que même en se mettant à sa place, ça ne lui ferait ni chaud ni froid à lui alors comprendre pourquoi elle se fâche est au-delà de ses capacités). Pour lui, il énonçait un fait, et une tentative d'explication. 

A vrai dire, je pense que c'était une preuve de confiance au moins, de s'ouvrir, même maladroitement, de ses émotions négatives, et tout ce qu'il en a retenu c'est que s'il exprime quelque chose de négatif en la présence de J. il sera puni. Pour le coup, je suis déçue de la réaction de J. Pour une adulte expérimentée qui a déjà travaillé avec des enfants autistes, j'attendais une réponse moins émotionnelle.

Quelque chose dans le genre " Je suis désolée que tu ne m'aimes pas. Je comprends que tu préfèrerais être avec ta maîtresse ou ta maman, mais ce n'est pas possible. Tu n'es pas obligé de m'aimer pour manger ce que je prépare." Après quoi, il était temps d'ajouter : "Regarde mon visage : tu vois, je ne souris pas et mes yeux sont tristes parce que ce que tu m'as dit n'était pas approprié et ça m'a fait de la peine. Dire aux gens qu'on ne les aime pas n'est pas une chose très gentille."

Je pense qu'elle aurait eu des excuses à ce moment, et plus sincères que n'importe quelle lettre écrite sous la contrainte.

En attendant, ça nous met, Monsieur Dragon et moi, dans une position inconfortable, pour rattraper le coup sans saper l'autorité (déjà sans arrêt testée et repoussée) de la nounou.

Nous avons écrit la lettre ensemble, Dragon2 et moi. Parce que même s'il ne l'a pas fait exprès, quand on fait mal ou de la peine à quelqu'un, on s'excuse. On a convenu que, s'il avait à dire quelque chose et qu'il n'était pas sûr que ce soit gentil ou pas, il vérifie avec moi d'abord. Et on a discuté sur le fait que des fois, c'est mieux de ne rien dire que de dire des choses qui blessent.

De mon côté, je vais essayer d'en toucher un mot à J. avec autant de diplomatie que je peux. Au fond de moi, je déplore vraiment qu'en appliquant ses méthodes de "Super Nanny" stricte, elle ait compromis davantage le respect et la confiance qu'elle attend de Dragon2. Le connaissant, ça va être difficile à rattraper. Et il plus facile d'expliquer les émotions d'un adulte à un enfant que de faire entendre à une personne sûre d'elle et de ses méthodes qu'elle a complètement foiré sur le coup (et qu'elle foire très certainement depuis 20 ans qu'elle les applique...). Je suis pas super optimiste. J'ai le sentiment que mes tentatives d'explication seront balayées comme le parti pris d'une mère un peu trop gentille avec son enfant. (Après tout, si je l'élevais mieux cet enfant, il ne dirait pas des choses comme ça pour commencer...)

Je me félicite qu'elle ne soit que la nounou, finalement, et que son père et moi puissions accueillir les émotions de Dragon2 et l'aider à naviguer dans les eaux troubles qu'est la communication avec les autres gens qui pensent "normalement". Je frémis en pensant à ces enfants pour qui c'est la réponse par défaut, et qui grandissent en intégrant qu'il ne faut rien dire d'autre aux adultes que ce qu'ils veulent entendre, et qu'il faut surtout ne pas parler de ses émotions négatives sous peine d'être puni.


jeudi 16 juillet 2020

Vacances : semaine 3

Pas vraiment le temps de s'ennuyer, en fait. Les jours s'enchaînent.

Vendredi dernier, j'ai passé mon examen d'anglais. Ca faisait longtemps que j'avais pas été en condition d'examen, et les mesures covid ne font qu'ajouter une couche au cérémoniel. Partie écoute/lecture/écriture le matin de 8h30 à 12h : pas de difficulté majeure, mais punaise qu'est-ce que c'est long 3h30 d'examen sans pause ! Partie orale l'après-midi j'ai bafouillé davantage et sans doute fait pas mal de fautes. Même en français, discuter de sujets complètement random avec une inconnue à travers un mur en plexiglas en étant enregistrée et chronométrée, j'aurais bafouillé, mais je ne sais pas s'ils en tiennent compte. On verra, pas encore les résultats.

Samedi, c'était nos 5 ans de mariage avec Monsieur Dragon. On s'est offert un bon resto pour la peine, c'était la première fois qu'il quittait la maison pour faire autre chose que le tour du pâté de maison depuis mi-mars ! C'était bien sympa, on devrait se marier plus souvent.




Lundi après-midi, j'ai fini mes consultations plus tôt pour pouvoir emmener Dragon2 à son évaluation psychologique. Covid oblige, j'ai du attendre dans ma voiture tout le temps, donc je ne sais pas trop comment ça s'est passé, mais enfin, il n'a pas l'air traumatisé.

Mardi on est allé au centre commercial pour lui trouver une veste de pluie (je ne sais pas comment, du jour au lendemain, il ne peut plus enfiler la sienne, qui lui allait parfaitement il y a 6 mois...) Mon constat : 1/ mais y a vraiment des gens qui font ça pour le plaisir ? 2/ mais pourquoi s'obstiner à présenter maillots de bain et T shirts en Irlande en juillet ? Choix de vêtements de pluie très limité, on a fini par en trouver une qui lui plaisait (et à sa taille !) dans le 3° magasin où on est entrés. C'était un magasin de sport chic, en temps normal j'aurais jamais mis 60€ dans une veste pour Dragonet, mais vu qu'ils sont désespérés de vendre, on l'a eue à -50% (avec de la chance, la qualité supérieure aidera à tenir jusqu'au manteau d'hiver).

Hier, pour MercrediMaman, nous sommes allés visiter Powerscourt Waterfall. C'était très cool. En partant tôt le matin, nous avons eu l'espace à nous tous seuls jusque vers midi, et ensuite il y avait quand même assez d'espace pour ne pas être trop collés aux autres. Il y a un petit sentier très sympa dans les sous-bois au pied de la cascade, ça sentait les fougères, ça m'a rappelé l'Ardèche.









Ensuite, on a pique-niqué près du ruisseau, et les dragonets ont mis les pieds dans l'eau. J'avais prévu shorts et tongs, pour que ce soit plus facile, mais j'aurais dû prévoir que Dragon2 s'étalerait de tout son long sur les rochers glissants. Passé 3 ans, on ne pense plus forcément à prendre slip et T shirt de rechange... Il a fini vêtu de son pantalon et de sa nouvelle veste de K-way, mais ça n'a pas eu l'air de trop le déranger.
Ce qu'il a préféré, de toute façon, c'est le jeu où une vis sans fin ramène de l'eau dans un bassin.





Sans surprise, le coronavirus repart à la hausse. La phase 4 du déconfinement (l'ouverture des pubs, que tout le monde ici attend comme le signe d'un retour à la vraie normale) qui devait avoir lieu la semaine prochaine a été repoussée au 10 août. Le ministère a confirmé une quarantaine obligatoire pour tous les écoliers revenant de l'étranger avant de réintégrer l'école. Les masques sont devenus obligatoires dans les transports d'abord, puis dans tous les lieux clos. 
Ca n'empêche pas nos voisins de faire la fête à 30 un dimanche soir dans leur minuscule jardin, bien éméchés, puis de s'entasser à l'intérieur quand la pluie (merci météo !) les a forcés à rentrer à un peu plus de minuit. Je suis pas certaine qu'ils portaient des masques, hein. Faut pas s'étonner si y a des clusters après.
Ce qui me dégoûte le plus, c'est que nous on renonce à voir la famille parce que c'est la chose raisonnable à faire, et puis ça ne va servir à rien. Une fois encore, j'ai l'impression d'être une bonne poire parce que je suis la coconne qui respecte les règles. Ca me gave.

Ici, le nouveau Taoiseach dit qu'ils vont serrer la vis, parce que la priorité c'est le retour à l'école des enfants, et qu'ils ne veulent pas avoir à reconfiner pour la rentrée. Je ne sais pas quelle est la part de vérité, mais comme menace voilée c'est efficace, on est sûrs au moins que tous les parents vont être un peu plus prudents !!

On n'en sait toujours pas plus sur la rentrée. Le dernier mail de l'école disait "on espère rouvrir le 27 août comme prévu" et aussi "vu que tout était fermé, le nouveau bâtiment dans lequel nous aurions dû déménager en Septembre n'est pas sorti de terre, et on a pas eu les autorisations nécessaires à temps pour construire les classes provisoires qu'il nous faut, ah oui, et du coup, c'est pas 2 mais 4 qu'il nous en faut, et du coup on cherche une solution, voici la liste des livres, bisous". Fait pas bon être principal en ce moment.
On est tellement soulagés de ne plus avoir à faire cours que même la liste des livres ça paraît d'un autre monde. Les vagues projets de devoirs de maths par-ci par-là ou de reprise du français se sont évaporés comme brume au soleil. Eux comme moi sommes à saturation. On garde la lecture, c'est déjà pas si mal. De toutes façons, c'est hors de notre contrôle. Je me suis faite à l'idée que la rentrée serait difficile, et qu'il n'y a rien que je puisse faire en attendant pour la faciliter, donc autant profiter de notre été au mieux. C'est peut-être la meilleure façon d'ailleurs : s'assurer qu'ils soient sereins et reposés quand viendra le moment.
On va continuer à voir les copains quand on peut, Dragon1 a passé un très bon moment avec eux l'autre jour. 

Bref, y a bien des soirs où ils disent que c'est nul, et que ce serait mieux si on pouvait voir les cousins, mais dans l'ensemble, je n'ai pas l'impression que ce soient de trop mauvaises vacances. J'ai hâte de faire notre petite virée dans le Sud.

vendredi 26 octobre 2018

Relaps

Voilà un mot qui m'intriguait beaucoup, quand on me parlait de Jeanne d'Arc, petite : hérétique et relapse. Ce qu'on traduirait de nos jours par récidiviste peut-être, ça veut dire retomber dans les travers qu'on pensait derrière nous.

Donc oui, la semaine dernière, Dragon1 nous a fait un gros gros relaps. Pour brosser le tableau, c'était une semaine de travail pour moi, en charge de la néonat, le jour où j'ai du intuber deux bébés, en transférer un, en exsuffler et poser un drain thoracique en urgence chez un autre : ce genre de semaine.
Peu de temps avant la fin de l'école, Dragon1 a commencé à s'énerver sur des soustractions qu'il ne pouvait/voulait pas faire. Au moment de quitter la classe et d'aller à l'after school, il a refusé de bouger, en criant, fermant les yeux, tapant du pied. Il a fallu pas moins de 3 maîtresses pour le bouger/traîner sur les 200 m qui séparent l'école de l'afterschool, et il a essayé de fuguer à plusieurs reprises.
Evidemment, je n'ai pas pu répondre au téléphone. Il a mis près de 2 heures à se calmer, il a perturbé tous les enfants. Nous avons été convoqués par l'école et par l'after school.

C'est vraiment très déroutant, en tant que parent, d'être pris à parti pour des faits dont on n'a jamais été témoins. Non, il ne fait pas ce genre de crises à la maison, non, je ne sais pas ce qui a fait que ce jour-là c'est monté à ce point, non, je n'ai pas de baguette magique pour vous promettre que ça ne recommencera jamais, non, je n'ai pas de recette à donner sur comment éviter ses crises.
L'école a dégagé 1 heure supplémentaire avec une enseignante spécialisée pour "le travail des émotions". L'afterschool l'accepte en sursis. A la prochaine crise, ils appellent les flics pour le calmer, et il est renvoyé.

Voilà. Maintenant j'ai plus qu'à me débrouiller pour que ça ne recommence pas, hein.

Très honnêtement, tout le monde est très gentil et bien embêté, et je comprends leur point de vue par rapport à sa sécurité et à celle des autres enfants (le laïus sur : ça nous fout la honte, on va avoir une mauvaise image, celui-là, en revanche, il était dispensable). Mais la réalité ça reste qu'on me demande de contrôler un truc qui justement est par définition, un moment de totale perte de contrôle. Je suis très déçue des psy, ils ne sont d'aucune aide. Je veux dire, je veux bien re-remplir tous les questionnaires du monde, et changer les étiquettes qu'on colle à mon fils, mais ce que je voudrais surtout c'est qu'on m'aide à l'aider et jusqu'à présent, je me sens très très seule.
Cette histoire va se finir par plein d'argent qu'on va aller dépenser dans le privé pour pouvoir avoir l'aide à laquelle il est sensé accéder depuis 2016, bordel !

Bref. La morale de l'histoire c'est je crois que rien n'est jamais acquis.

Avec tout ça, ça tombait plutôt bien que j'aie rendez-vous pour moi cette semaine aussi. Une dame gentille, qui a beaucoup secoué la tête, et m'a tendu des mouchoirs. 100 € pour pleurer une heure et m'entendre dire que c'est parfaitement normal que je craque vu tout ce que je porte, et que c'est con que j'aie pas plus d'amis quand même, et que je peux revenir pleurer avec elle dans 15 jours, vu que je peux pas pleurer ailleurs.

Enfin.

Y a quand même du positif dans tout ça. Dragon2 par exemple est vraiment nickel en ce moment et a même reçu un certificat de bonne conduite de l'école. Depuis le week-end dernier, Dragon1 est angélique, il cherche à se racheter. Nous avons supprimé tous les écrans, et il gagne des heures d'ordi/tablette en fonction de son comportement. C'est plus lourd pour moi, parce que je dois gérer son ennui, du coup, mais on en profite pour cuisiner ou plier le linge ensemble par exemple. Quoiqu'il m'arrive dans la vie, il saura faire cuire des boulettes de viande et plier des soutifs, c'est toujours ça de pris.

Mamie vient nous rendre une visite impromptue la semaine prochaine, du coup. J'ai trop râlé au téléphone. Mais c'est cool. On évite le centre aéré, et on pourra faire Halloween sans penser trop aux cimetières et à ceux qui y sont.

Et puis, MonsieurDragon a eu ses évaluations, et c'est très positif ! Punaise, ça fait du bien, je suis tellement heureuse que son travail soit reconnu à sa hauteur ! Avec un peu de chance, l'augmentation couvrira la hausse du loyer.

C'est jour de vote aujourd'hui, les maisons sont décorées, tous les enfants étaient déguisés à l'école ce matin, c'est le dernier jour avant les vacances. Les jours raccourcissent, on expose nos peurs et nos démons devant nos maisons, on leur offre des bonbons pour qu'ils ne reviennent pas nous hanter...

mercredi 9 mai 2018

Mai

Ca ne m'avait pas manqué. Les convocations un peu gênées sur le mode "y a rien de grave hein, mais on voudrait vous parler..." Deux cette semaine pour Dragon1, une pour l'afterschool, une pour la maîtresse.

C'est vrai que dernièrement il est plus à fleur de peau. C'est vrai qu'il a émis le souhait de ne plus aller à l'afterschool et de rentrer seul à la maison retrouver sa chambre et son ordinateur après l'école.
C'est vrai qu'il prépare depuis un mois une "cérémonie de passage" (growing up day) et que ça lui met la pression. C'est vrai que son père était absent pendant 2 semaines. C'est vrai que j'ai mentionné que peut-être je devrais travailler plus et que ça lui a paru insurmontable. C'est vrai qu'effectivement, j'ai enchaîné en peu de temps week-end puis jour férié de garde, et jours supplémentaires à l'hôpital. C'est vrai qu'il dit y voir moins bien au tableau et a peur de devoir porter bientôt des lunettes. C'est vrai qu'il ressent de plus en plus un décalage entre lui et les autres, et que ça commence à le travailler alors qu'il s'en foutait jusque là.

Tout ça est vrai.

Et c'est vrai aussi que tout équilibre avec lui reste précaire, et que petite goutte par petite goutte, on fait tout basculer.
Et qu'une fois par terre, c'est encore et toujours moi qui ramasse, qui remonte, qui recolle, qui répare, qui caresse dans le sens du poil les uns en tapotant la main des autres.

C'est lourd. C'est dur. J'en ai marre.
Des fois, j'aimerais imaginer qu'on est une famille presque comme les autres et puis, ben non. Après, c'est peut-être aussi difficile pour les autres, qu'en sais-je ? Juste, y a des soirs où je me demande où je vais bien pouvoir trouver l'énergie.

Oh, je la trouverai, je le sais bien. Grosso modo, on va sortir le blabla habituel, blabla "gestion des émotions", blabla "toolbox", blabla "dialogue positif", blabla "reward chart", blabla blabla... Je vais doubler la dose de câlins en remettant des limites ici et là, dépenser des sous pour un casque anti-bruit qui sera cassé dans un mois et compter sur le temps, mon plus fidèle allié, pour que la vague retombe, que revienne un semblant d'équilibre et tout le monde pourra s'auto-congratuler sur l'efficacité de ces réunions et des mesures prises. Youhou \o/

Ca se voit peut-être un peu trop que je suis désabusée là non ? :p

Bon, alors pour ne pas finir sur une note trop négative, disons que Dragon2, lui, ben ça va. Il n'y a rien à dire, ce qui n'est déjà pas mal. Au contraire, il reste très cool devant les remarques parfois très blessantes ou injustes de son frère, et je suis très fière de lui. Pourvu que ça dure !

samedi 18 février 2017

Coup de gueule

J'ai besoin de râler un peu, et où ailleurs qu'ici ?

J'ai appris hier qu'au cours de la sibling hour (l'heure de garderie mise en place par les parents d'élèves pour les maternelles qui ont des frères /soeurs en primaire), Dragon2 a écrasé les doigts d'une petite fille dans une porte, de façon assez grave.

Il y a tellement de choses qui m'attristent là-dedans : son comportement, bien sûr, mais également le fait que personne n'ait jugé bon de me le dire avant que je sois convoquée par la responsable, et les ronds de jambe un peu embêtés pour dire que bon, peut-être, on va pas pouvoir le garder finalement. 2 parents, 6 enfants, 1 heure, mais c'est trop compliqué. Bordel, mais comment je fais moi tous les jours ?

Le même jour, arrive un mail pour proposer une initiation à l'ordinateur à l'école. Premier arrivé, premier servi, les places sont limitées. Je réponds pour Dragon1, en précisant que je n'ai pas la possibilité de rester avec lui à tous les cours, vu que c'est pour ça que nous avons du arrêter la musique. On me répond qu'on va poser la question, mais que comme c'est les vacances, ça va être long, et donc de facto, la place risque de passer sous le nez de Dragon1...

Alors d'accord mes enfants ne sont pas faciles, mais il sont nettement moins pires que beaucoup d'autres. Je ne peux plus voir les jolis panneaux qui décorent le couloir de l'école sur "pas de discrimination", "on a tous droit à la même chance" sans avoir envie de hurler.
C'est pas vrai.

On a tous droit à la même chance sauf si c'est un peu trop compliqué. Apprenons aux enfants à être gentils avec les autres et à leur laisser la possibilité de faire de leur mieux, mais ça ne s'applique pas aux adultes.

Je comprends les notions de sécurité, la nécessité d'assurer le bien-être du groupe avant un individu, tout ça. Je suis sincèrement désolée pour cette petite fille, et mortifiée de n'avoir même pas pu m'excuser auprès de sa maman, vu que je savais même pas.

Mais refuser d'offrir à mes enfants les services auxquels d'autres ont droit parce que c'est "trop compliqué", allez bien vous faire cuire le cul.