Novembre est toujours un mois compliqué. Il commence avec le changement d'heure et les jours qui raccourcissent, la Toussaint. Il fait nuit, il fait gris, il fait froid, il pleut. Jusque là, ce mois de novembre 2019 coche toutes les cases.
Puis je lève la tête, et il y a des décorations de Noël qui poussent un peu partout, et ouh là là c'est dans moins d'un mois, et je ne suis pas, mais alors vraiment pas dans le mood.
J'ai donc repris le travail. J'arrive pour prendre une place là où il n'y avait rien ou presque avant, et c'est à la fois excitant et perturbant. Je n'ai pas de modèle sur lequel m'appuyer, je dois trouver ma place dans 3 équipes différentes qui se passaient très bien de moi jusqu'à présent. La façon de fonctionner est différente aussi, j'arrive plus tôt dans l'histoire du patient, donc je dois réapprendre les réflexes de prescription en soins primaires (qu'honnêtement je n'ai pas pratiqué depuis quasiment 5 ans...)
Bref, c'est prometteur, mais pour l'instant je me sens encore bien paumée, genre comme un début de stage d'interne quoi. Vivement que je prenne mes marques.
Côté organisation à la maison, ça se met en place aussi. Dragon2 se laisse apprivoiser doucement, Dragon1 apprécie d'être chez lui. Il y a bien eu 2 ou 3 petits meltdowns, mais honnêtement rien de trop méchant et vite gérés. Pourvu que ça dure ! Pour moi, c'est très rassurant de savoir que je peux compter sur J., et très agréable de trouver le repas qui mijote quand je rentre du travail.
Evidemment, ce n'est pas forcément ce que nous avons l'habitude de manger, les casseroles ne sont plus rangées tout à fait à leur place, et j'ai eu un coup au coeur quand j'ai vu que mon levain avait disparu du comptoir, mais c'est pareil, c'est juste une histoire d'adaptation.
Le plus difficile, honnêtement, c'est de se lever à 6h pour partir à 7, pour avoir une chance d'arriver avant 9h. C'est vraiment ridicule et fatigant de faire du yo-yo sur le périph' quand le même trajet en milieu d'après-midi ne prend que 35 minutes. Je vais pousser à fond pour que mon activité se développe davantage dans CliniqueDACôté.
Enfin voilà.
Pour ajouter un peu de piment dans tout ça, Joséphine la voiture a été immobilisée 15 jours, mais elle a fini par passer le contrôle technique (youpi !) MonsieurDragon était absent la semaine dernière, Dragon1 a commencé l'orthodontie, et la psychologue a officiellement clôturé la prise en charge de Dragon2 (tout en me faisant remplir une autre demande, histoire de griller la liste d'attente vu qu'elle est à peu près certaine qu'on re-fera appel à elle pour quand il sera officiellement diagnostiqué...)
Ne reste qu'à attendre le bon vouloir de ces messieurs-dames de l'AON, donc. Déjà 6 mois depuis la demande, avec un peu de chance, ce sera fait début 2021...
Initialement destiné à recueillir mes impressions et commentaires sur le passage de la vie française à la vie irlandaise, ce blog a subrepticement glissé vers un récit de ma vie de maman de deux "atypiques" (autisme, troubles sensoriels, dyspraxie, haut potentiel, THADA/hyperactivité, j'ai un bel échantillon de ce que peut offrir la neuropsy !) Chez nous, être normal, c'est avoir des écailles et des ailes aux motifs bariolés.
mardi 26 novembre 2019
mercredi 6 novembre 2019
Au boulot !
J'ai été vraiment déçue par la réaction des services administratifs de l'hôpital lorsque le médecin qui partageait mon mi-temps est parti ailleurs : après m'avoir (logiquement) proposé de le remplacer à temps plein, ce que j'ai refusé, ils ont préféré embaucher à temps plein un autre docteur (un petit protégé du chef de service de l'époque, s'il faut le dire), me laissant dans les limbes quant à mon avenir.
Il a fallu que je leur écrive très clairement qu'en l'absence de contrat, je ne travaillerai plus après la date de départ de mon collègue, et que vu qu'ils ne m'avaient pas signifié ma résiliation, j'attendais néanmoins 3 mois de salaire pour qu'ils se bougent enfin. Leur solution fut de me proposer une extension de 6 mois, avec pour mission de me consacrer aux listes d'attente de consultation histoire qu'ils puissent toucher la prime que le gouvernement attribue aux hôpitaux qui travaillent bien. Le chef de service, lui, avait dans l'idée que j'étais plutôt une "remplaçante mobile", et que je devais faire une semaine de service pour chacun de mes collègues, histoire de leur permettre de partir en vacances.
J 'ai tenu deux mois à ce double rythme (tout en étant à mi-temps, hein), avant d'aller rapporter aux administratifs que je ne pouvais pas aider aux consultations vu que je remplaçais dans les services, et que le chef m'annonce un matin que je ne devais plus me consacrer qu'aux consultations (il n'était pas très content, mais c'était pas très grave, il avait eu ses 3 semaines de vacances, et son poulain aussi).
Ainsi libérée, je suis venue à bout des consultations en attente en un mois de moins que prévu, et j'ai pris sur moi d'avancer un peu sur d'autres activités jusqu'à la fin annoncée de mon contrat. Cette fois, personne ne m'a approchée pour que je reste, et à vrai dire, je ne sais pas si j'aurais accepté. Je suis donc partie un peu en catimini (merci Dragon2 qui a été malade juste mon dernier jour), mes collègues m'ont juré qu'ils feraient appel à moi pour de l'intérim et que j'allais beaucoup leur manquer, et puis je n'ai plus eu aucune nouvelle.
Cette pause a été salutaire. C'était très bien de pouvoir rester à la maison avec mes fils, de pouvoir profiter de mes vacances sans le payer en doublant les gardes / bossant deux fois plus le reste de l'été, de pouvoir prendre le temps, aussi, de réfléchir à ce que je voulais / pouvais faire. De prendre du temps pour moi, ainsi que me le conseillait ma psy.
J'ai vite compris que l'intérim ne me conviendrait pas. Il me faut du temps pour m'adapter, il me faut de la régularité et de la prévisibilité : bref, hormis un remplacement régulier et pas trop loin de la maison, ça paraissait difficile.
Du coup, je me suis demandé s'il serait possible d'intervenir dans la clinique privée à 20 km d'ici. Ce fut compliqué de trouver le bon interlocuteur. Il n'y a à l'heure actuelle qu'un service de consultations sans rendez-vous, qui emploie uniquement des généralistes (ma copine D., de l'agence de recrutement a eu du mal à comprendre dans quelle case me mettre sur son petit algorithme...) Finalement, elle a passé la main à un docteur, qui a vite compris qu'il ne pouvait rien pour moi, mais m'a enfin donné un contact susceptible de m'être utile.
A partir de là, les choses se sont mises en route, doucement. Oui, il existe un service privé de consultations pédiatriques (même qu'ils en font la pub au cinéma maintenant !). Oui, ils sont intéressés par un nouveau pédiatre. Au fil des interviews, il apparaît même qu'il existe un grand projet de pôle pédiatrique privé, et qu'il faut un ou deux médecins pour coordonner tout ça. Dans la mesure où je n'ai pas d'autres engagements, et avec mon expérience de touche-à-tout et d'interface avec les généralistes, je suis une candidate intéressante.
Au final, je ne sais pas ce qui les a décidé. Sans doute que j'étais la bonne personne au bon moment.
Ils m'offrent de devenir salariée chez eux, pour assurer d'une part des consultations pédiatriques dans les locaux actuels au Sud de Dublin, d'autre part l'accueil des enfants dans la clinique de consultations sans rendez-vous proche de la maison. Avec dans l'idée de bâtir une équipe pour implémenter ce fameux pôle pédiatrique.
C'est super intéressant. Et un peu flippant, il faut admettre, mais enthousiasmant. Oui, je vends mon âme à la médecine privée, celle qui dit que seuls ceux qui payent une assurance santé peuvent arriver jusqu'à moi. Mais : j'ai des locaux clairs et adéquats, une infirmière et une secrétaire dédiées, un logiciel informatique, du temps pour voir les patients, et de vraies solutions à proposer derrière. C'est très tentant, cette possibilité de pouvoir faire de la "belle médecine".
Et puis j'aime bien l'idée de participer à la naissance d'un projet (coucou, la réa néonat...). Est-ce que ce sera aussi chaotique et fastidieux que mes expériences passées, ou est-ce qu'avec la volonté politique et les moyens financiers il y a enfin des chances de parvenir à quelque chose ?
Alors voilà, sauf catastrophe imminente qui m'empêcherait de signer mon contrat, je recommence au 15 Novembre.
Du coup, il faut trouver un mode de garde pour les enfants. Là encore, prendre le temps de la réflexion a été salutaire. L'afterschool, c'est trop compliqué. C'est la solution la moins chère mais les places ne sont pas garanties, il y a du bruit et de l'agitation, et surtout ça oblige à être à l'heure et ne résout pas le problème des jours "de crise" où l'école appelle parce qu'ils sont malades ou en meltdown. Si je dois travailler à l'autre bout de la ville, je veux pouvoir partir bosser tranquille, qu'ils soient malades ou non, et savoir que quelqu'un sera là en cas de problème.
Ce sera donc une nanny, qui vient et s'occupe des enfants et de la maison quand je travaille. Quelqu'un qui sait y faire avec les enfants autistes, qui a une voiture et peut les conduire à l'école (ou ailleurs si besoin), qui me fera un peu de ménage et les repas du soir et sur qui me reposer pour pouvoir être 100% au boulot ou 100% à la maison dans ma tête.
Pareil, j'ai traîné longtemps sur les sites d'offres, j'ai contacté quelques personnes, il y avait toujours un problème, ou bien le mi-temps n'intéressait pas. Au final, la situation s'est débloquée d'un coup, deux jours avant qu'on ne m'offre le poste : une vraie nanny, expérimentée, qui vit dans le coin, qui est disponible. La bonne personne, au bon moment. Alors certes, c'est une bonne partie de mon salaire qui va y passer, et il va sans doute falloir un temps d'adaptation avec les enfants, mais j'espère vraiment que ça va fonctionner.
Un nouveau départ, donc. Un nouveau cycle, comme tous les 2/3 ans. Cette fois, on ne déménage pas (toujours pas trouvé de maison, et on va avoir un peu autre chose à penser là), mais un petit renouveau. Zou, au boulot !
Il a fallu que je leur écrive très clairement qu'en l'absence de contrat, je ne travaillerai plus après la date de départ de mon collègue, et que vu qu'ils ne m'avaient pas signifié ma résiliation, j'attendais néanmoins 3 mois de salaire pour qu'ils se bougent enfin. Leur solution fut de me proposer une extension de 6 mois, avec pour mission de me consacrer aux listes d'attente de consultation histoire qu'ils puissent toucher la prime que le gouvernement attribue aux hôpitaux qui travaillent bien. Le chef de service, lui, avait dans l'idée que j'étais plutôt une "remplaçante mobile", et que je devais faire une semaine de service pour chacun de mes collègues, histoire de leur permettre de partir en vacances.
J 'ai tenu deux mois à ce double rythme (tout en étant à mi-temps, hein), avant d'aller rapporter aux administratifs que je ne pouvais pas aider aux consultations vu que je remplaçais dans les services, et que le chef m'annonce un matin que je ne devais plus me consacrer qu'aux consultations (il n'était pas très content, mais c'était pas très grave, il avait eu ses 3 semaines de vacances, et son poulain aussi).
Ainsi libérée, je suis venue à bout des consultations en attente en un mois de moins que prévu, et j'ai pris sur moi d'avancer un peu sur d'autres activités jusqu'à la fin annoncée de mon contrat. Cette fois, personne ne m'a approchée pour que je reste, et à vrai dire, je ne sais pas si j'aurais accepté. Je suis donc partie un peu en catimini (merci Dragon2 qui a été malade juste mon dernier jour), mes collègues m'ont juré qu'ils feraient appel à moi pour de l'intérim et que j'allais beaucoup leur manquer, et puis je n'ai plus eu aucune nouvelle.
Cette pause a été salutaire. C'était très bien de pouvoir rester à la maison avec mes fils, de pouvoir profiter de mes vacances sans le payer en doublant les gardes / bossant deux fois plus le reste de l'été, de pouvoir prendre le temps, aussi, de réfléchir à ce que je voulais / pouvais faire. De prendre du temps pour moi, ainsi que me le conseillait ma psy.
J'ai vite compris que l'intérim ne me conviendrait pas. Il me faut du temps pour m'adapter, il me faut de la régularité et de la prévisibilité : bref, hormis un remplacement régulier et pas trop loin de la maison, ça paraissait difficile.
Du coup, je me suis demandé s'il serait possible d'intervenir dans la clinique privée à 20 km d'ici. Ce fut compliqué de trouver le bon interlocuteur. Il n'y a à l'heure actuelle qu'un service de consultations sans rendez-vous, qui emploie uniquement des généralistes (ma copine D., de l'agence de recrutement a eu du mal à comprendre dans quelle case me mettre sur son petit algorithme...) Finalement, elle a passé la main à un docteur, qui a vite compris qu'il ne pouvait rien pour moi, mais m'a enfin donné un contact susceptible de m'être utile.
A partir de là, les choses se sont mises en route, doucement. Oui, il existe un service privé de consultations pédiatriques (même qu'ils en font la pub au cinéma maintenant !). Oui, ils sont intéressés par un nouveau pédiatre. Au fil des interviews, il apparaît même qu'il existe un grand projet de pôle pédiatrique privé, et qu'il faut un ou deux médecins pour coordonner tout ça. Dans la mesure où je n'ai pas d'autres engagements, et avec mon expérience de touche-à-tout et d'interface avec les généralistes, je suis une candidate intéressante.
Au final, je ne sais pas ce qui les a décidé. Sans doute que j'étais la bonne personne au bon moment.
Ils m'offrent de devenir salariée chez eux, pour assurer d'une part des consultations pédiatriques dans les locaux actuels au Sud de Dublin, d'autre part l'accueil des enfants dans la clinique de consultations sans rendez-vous proche de la maison. Avec dans l'idée de bâtir une équipe pour implémenter ce fameux pôle pédiatrique.
C'est super intéressant. Et un peu flippant, il faut admettre, mais enthousiasmant. Oui, je vends mon âme à la médecine privée, celle qui dit que seuls ceux qui payent une assurance santé peuvent arriver jusqu'à moi. Mais : j'ai des locaux clairs et adéquats, une infirmière et une secrétaire dédiées, un logiciel informatique, du temps pour voir les patients, et de vraies solutions à proposer derrière. C'est très tentant, cette possibilité de pouvoir faire de la "belle médecine".
Et puis j'aime bien l'idée de participer à la naissance d'un projet (coucou, la réa néonat...). Est-ce que ce sera aussi chaotique et fastidieux que mes expériences passées, ou est-ce qu'avec la volonté politique et les moyens financiers il y a enfin des chances de parvenir à quelque chose ?
Alors voilà, sauf catastrophe imminente qui m'empêcherait de signer mon contrat, je recommence au 15 Novembre.
Du coup, il faut trouver un mode de garde pour les enfants. Là encore, prendre le temps de la réflexion a été salutaire. L'afterschool, c'est trop compliqué. C'est la solution la moins chère mais les places ne sont pas garanties, il y a du bruit et de l'agitation, et surtout ça oblige à être à l'heure et ne résout pas le problème des jours "de crise" où l'école appelle parce qu'ils sont malades ou en meltdown. Si je dois travailler à l'autre bout de la ville, je veux pouvoir partir bosser tranquille, qu'ils soient malades ou non, et savoir que quelqu'un sera là en cas de problème.
Ce sera donc une nanny, qui vient et s'occupe des enfants et de la maison quand je travaille. Quelqu'un qui sait y faire avec les enfants autistes, qui a une voiture et peut les conduire à l'école (ou ailleurs si besoin), qui me fera un peu de ménage et les repas du soir et sur qui me reposer pour pouvoir être 100% au boulot ou 100% à la maison dans ma tête.
Pareil, j'ai traîné longtemps sur les sites d'offres, j'ai contacté quelques personnes, il y avait toujours un problème, ou bien le mi-temps n'intéressait pas. Au final, la situation s'est débloquée d'un coup, deux jours avant qu'on ne m'offre le poste : une vraie nanny, expérimentée, qui vit dans le coin, qui est disponible. La bonne personne, au bon moment. Alors certes, c'est une bonne partie de mon salaire qui va y passer, et il va sans doute falloir un temps d'adaptation avec les enfants, mais j'espère vraiment que ça va fonctionner.
Un nouveau départ, donc. Un nouveau cycle, comme tous les 2/3 ans. Cette fois, on ne déménage pas (toujours pas trouvé de maison, et on va avoir un peu autre chose à penser là), mais un petit renouveau. Zou, au boulot !
samedi 19 octobre 2019
Octobre
Revoilà l'automne, les arbres nus, la pluie, le vent, les tempêtes... (En début de mois, Lorenzo s'est invité, mais il s'est vite dégonflé et il n'y a pas eu de gros dégâts à déplorer).
Revoilà les jours qui rétrécissent à vue d'oeil, le froid humide qui vous attrape les épaules quand la maison n'est pas chauffée, la goutte au nez en permanence.
On lutte comme on peut, à base de pain et de gâteaux maison.
Les scénaristes du feuilleton Brexit n'ont plus vraiment d'idées, au point que, à 15 jours de la date fatidique, ce qu'on ressent surtout ici c'est une grande lassitude. Aw, the feck with it. Ceux qui l'ont le plus mauvaise, ce sont les Nord Irlandais, à qui on fait bien ressentir qu'ils ne font pas vraiment partie du Royaume-Uni, mais quand même un peu, si, parce que voilà, mais bon, c'est des péquenots, ça compte pas pareil...
Le dernier accord prévoit donc une façon de ne pas faire de frontières, tout en donnant à l'Irlande du Nord un statut spécial. En gros, les biens seront taxés en franchissant la mer d'Irlande. Si c'est pour rester en Irlande du Nord, les commerçants seront remboursés des droits qu'ils ont payé en trop. Mais si ça circule jusqu'en République, alors non. Enfin c'est ce que j'ai compris. On met la frontière en mer d'Irlande, et les Nord Irlandais se débrouillent avec les différences de taxes entre UK et EU.
Je pense qu'il y a des pros du marché noir qui doivent se frotter les mains, mais on peut voir ça comme une sorte de soutien à l'économie locale, j'imagine.
Bref.
Chez nous, ça va. Les différentes tractations et démarches pour mon potentiel futur emploi avancent à un rythme très irlandais, mais enfin c'est toujours d'actualité, alors je prends mon mal en patience.
J'ai eu rendez-vous avec la maîtresse de Dragon2, comme à chaque début d'année. Elle confirme qu'il est à l'école comme à la maison : souvent debout, quand il en a marre de travailler, il se lève et va bouquiner sans rien demander à personne, et il n'entend que par moments. Quand quelque chose ne l'intéresse pas, il le fait savoir haut et fort. Quand quelque chose l'intéresse, il est super motivé, il partage, il aide volontiers les autres.
Il n'a pas de resource hours cette année, vu qu'il ne participait pas beaucoup. Il avait une SNA dédiée en début d'année, mais elle a été attribuée ailleurs. Il y a 2 SNA qui interviennent à mi-temps dans la classe, elles interviennent avec lui quand c'est nécessaire.
Parmi les choses mises en place pour lui, il y a sa lizard box. C'est une boîte à chaussures décorée par ses soins, où on trouve des coloriages (de lézards, évidemment), du slime, un kaleidoscope, un petit lézard en plastique à triturer, un casse-tête en métal... La maîtresse a prévu de changer régulièrement ce qu'il y a dedans, pour ajouter un effet de surprise. Quand il a bien terminé son travail, il a le droit de jouer avec un moment. Pour l'aider à se faire des copains, il a aussi le droit de choisir quelqu'un pour venir jouer avec lui.
Je trouve cette mesure super intelligente.
D'abord ça lui donne la motivation nécessaire pour faire l'effort de finir son travail. C'est aussi une façon de reconnaître que ça lui coûte et de le récompenser. Ca fait un petit break entre deux activités. Ses camarades l'encouragent et le courtisent. Au lieu d'être l'enfant différent et privilégié, il devient le mec cool avec qui on peut jouer au slime en classe.
Et franchement, ça coûte une boîte en carton et 3 gadgets, mais je n'imagine pas ce genre de solutions en France. Il serait puni pour se lever de sa chaise, et aurait une mauvaise note pour travail non terminé. Du coup, ça le découragerait et il ne ferait plus rien. Je vois trop sa tête d'ici. (Peut-être que je me trompe, et tant mieux si c'est le cas. Mais je ne parierais pas dessus).
Côté diagnostic, toujours zéro nouvelles. Là aussi, les choses avancent au rythme irlandais. La maîtresse n'arrivait pas à croire qu'il ait été refusé au CAMHS une deuxième fois. Son hyperactivité est tellement évidente pour ceux qui le côtoient.
Enfin, j'imagine que pour l'instant, ça va. J'étais à l'école hier en tant que parent volontaire pour animer des petits ateliers pour la semaine des maths, et quelque part, j'étais contente de constater que parmi les élèves que j'ai vus, les deux miens sortaient du lot, certes, mais pas tant que ça, finalement. En revanche, il y avait bien deux ou trois enfants beaucoup plus agités, ou mutiques, ou juste "de contact différent" et ça m'a fait du bien, quelque part, de constater le chemin parcouru par les miens.
Revoilà les jours qui rétrécissent à vue d'oeil, le froid humide qui vous attrape les épaules quand la maison n'est pas chauffée, la goutte au nez en permanence.
On lutte comme on peut, à base de pain et de gâteaux maison.
Les scénaristes du feuilleton Brexit n'ont plus vraiment d'idées, au point que, à 15 jours de la date fatidique, ce qu'on ressent surtout ici c'est une grande lassitude. Aw, the feck with it. Ceux qui l'ont le plus mauvaise, ce sont les Nord Irlandais, à qui on fait bien ressentir qu'ils ne font pas vraiment partie du Royaume-Uni, mais quand même un peu, si, parce que voilà, mais bon, c'est des péquenots, ça compte pas pareil...
Le dernier accord prévoit donc une façon de ne pas faire de frontières, tout en donnant à l'Irlande du Nord un statut spécial. En gros, les biens seront taxés en franchissant la mer d'Irlande. Si c'est pour rester en Irlande du Nord, les commerçants seront remboursés des droits qu'ils ont payé en trop. Mais si ça circule jusqu'en République, alors non. Enfin c'est ce que j'ai compris. On met la frontière en mer d'Irlande, et les Nord Irlandais se débrouillent avec les différences de taxes entre UK et EU.
Je pense qu'il y a des pros du marché noir qui doivent se frotter les mains, mais on peut voir ça comme une sorte de soutien à l'économie locale, j'imagine.
Bref.
Chez nous, ça va. Les différentes tractations et démarches pour mon potentiel futur emploi avancent à un rythme très irlandais, mais enfin c'est toujours d'actualité, alors je prends mon mal en patience.
J'ai eu rendez-vous avec la maîtresse de Dragon2, comme à chaque début d'année. Elle confirme qu'il est à l'école comme à la maison : souvent debout, quand il en a marre de travailler, il se lève et va bouquiner sans rien demander à personne, et il n'entend que par moments. Quand quelque chose ne l'intéresse pas, il le fait savoir haut et fort. Quand quelque chose l'intéresse, il est super motivé, il partage, il aide volontiers les autres.
Il n'a pas de resource hours cette année, vu qu'il ne participait pas beaucoup. Il avait une SNA dédiée en début d'année, mais elle a été attribuée ailleurs. Il y a 2 SNA qui interviennent à mi-temps dans la classe, elles interviennent avec lui quand c'est nécessaire.
Parmi les choses mises en place pour lui, il y a sa lizard box. C'est une boîte à chaussures décorée par ses soins, où on trouve des coloriages (de lézards, évidemment), du slime, un kaleidoscope, un petit lézard en plastique à triturer, un casse-tête en métal... La maîtresse a prévu de changer régulièrement ce qu'il y a dedans, pour ajouter un effet de surprise. Quand il a bien terminé son travail, il a le droit de jouer avec un moment. Pour l'aider à se faire des copains, il a aussi le droit de choisir quelqu'un pour venir jouer avec lui.
Je trouve cette mesure super intelligente.
D'abord ça lui donne la motivation nécessaire pour faire l'effort de finir son travail. C'est aussi une façon de reconnaître que ça lui coûte et de le récompenser. Ca fait un petit break entre deux activités. Ses camarades l'encouragent et le courtisent. Au lieu d'être l'enfant différent et privilégié, il devient le mec cool avec qui on peut jouer au slime en classe.
Et franchement, ça coûte une boîte en carton et 3 gadgets, mais je n'imagine pas ce genre de solutions en France. Il serait puni pour se lever de sa chaise, et aurait une mauvaise note pour travail non terminé. Du coup, ça le découragerait et il ne ferait plus rien. Je vois trop sa tête d'ici. (Peut-être que je me trompe, et tant mieux si c'est le cas. Mais je ne parierais pas dessus).
Côté diagnostic, toujours zéro nouvelles. Là aussi, les choses avancent au rythme irlandais. La maîtresse n'arrivait pas à croire qu'il ait été refusé au CAMHS une deuxième fois. Son hyperactivité est tellement évidente pour ceux qui le côtoient.
Enfin, j'imagine que pour l'instant, ça va. J'étais à l'école hier en tant que parent volontaire pour animer des petits ateliers pour la semaine des maths, et quelque part, j'étais contente de constater que parmi les élèves que j'ai vus, les deux miens sortaient du lot, certes, mais pas tant que ça, finalement. En revanche, il y avait bien deux ou trois enfants beaucoup plus agités, ou mutiques, ou juste "de contact différent" et ça m'a fait du bien, quelque part, de constater le chemin parcouru par les miens.
mercredi 9 octobre 2019
Réflexions sur le système de santé
Puisque je suis encore homemaker (personne au foyer, mais j'aime bien le terme anglais), j'en profite pour régler la paperasse accumulée au cours des mois écoulés.
Parmi lesquelles les impôts, les allocations, la mutuelle.
Les impôts déjà... Ici, le prélèvement se fait déjà à la source, avec des échelons en fonction des revenus. Et c'est deux organismes différents qui gèrent les revenus salariés des autres revenus (libéraux et capitaux entre autre). Sans surprise, Monsieur Dragon et moi nous sommes au plus haut taux d'imposition. Mais comme on a eu des frais, et qu'il a mis de côté pour sa retraite, on a eu "une remise", et au final ils nous ont rendu des sous. Ca tombe bien.
Donc oui, ici, pas de sécu. Les enfants de moins de 6 ans et les gens de plus de 70 ans peuvent bénéficier d'un "tiers payant intégral" chez le généraliste, mais il faut en faire la demande. En revanche, il est possible de déclarer sur le site des impôts tous ses frais de santé (justificatifs à l'appui) et d'obtenir une ristourne.
De même, les médicaments ne sont pas remboursés. Jamais. Il existe un système pour ne pas se ruiner où l'Etat prend en charge les frais de pharmacie au-delà de 144 €/mois, mais pareil, il faut en faire la demande. Et ça laisse quand même 144 € à la charge du patient... Autant dire que les gens qui se battent pour faire rembourser leurs billes en sucre à 2,49 € ça paraît d'une autre planète, vu d'ici.
Mais pareil, si tu photographies tous les tickets de caisse de ta pharmacie* et que tu les mets sur le site des impôts, tu peux avoir droit à une ristourne. (* Et il n'y a qu'à espérer que la loi GPRD est bien respectée, parce qu'une administration qui sait par le menu tous les médecins que tu as consultés et tous les traitements que tu as eus au cours de l'année écoulée peut en déduire pas mal de choses...)
Et au final, ça fait réfléchir. Déjà parce qu'en pharmacie on a dépensé plusieurs centaines d'euros l'année écoulée. C'est jamais beaucoup à la fois, mais 15 euros ici, 25 euros là... L'autre chose que ça m'a permis de constater, c'est que le prix des médicaments n'est pas régulé.
La mélatonine de Dragon1, par exemple, que je prends en même quantité tous les mois. Sur 5 pharmacies différentes, 2 ont des prix similaires (18 €/30cp), 1 à la moitié (9€), l'autre le double (31€), et la dernière c'est encore mieux, comme elle n'avait plus de 3mg, elle m'a donné 30 cp de 2mg et 30 cp de 1mg (jusque là, ok), pour 20€ chaque soit 40€ !
Bref, en fonction du traitement qu'il vous faut, mieux vaut aller dans telle ou telle pharmacie. Evidemment, personne ne vous le dit, ça. Et puis si on a un traitement coûteux, mieux vaut acheter tout plein d'autres médicaments le même jour pour dépasser les 144 € et ne pas en payer une partie.
Vu que ça chiffre, et qu'on ne sait jamais quand on va tomber malade et devoir sortir plein de sous imprévus, la solution c'est de prendre une assurance santé privée. Ce n'est pas une mutuelle. C'est des sous que tu payes tous les mois pour être remboursé en cas de sinistre (même principe que pour ta voiture). Ca coute des sous. Que tu donnes après avoir payé tes impôts (des fois, ton employeur est gentil et en paye une partie, comme aux US - c'est ce que fait pour nous BigCompany. Mais c'est déduit de ton salaire, faut pas déconner non plus).
En Irlande, grosso modo la moitié de la population a une assurance santé. Mais comme pour ta voiture, tu payes d'abord, et tu envoies les papiers après, et s'il n'y a pas de petites lettres en bas de ton contrat, tu es remboursé. (Ou bien tu vas dans un garage/centre de santé agréé, et là tu n'avances pas tous les frais : c'est dans un de ces établissements que j'attends de savoir si je peux travailler).
En ce qui nous concerne, je gère beaucoup de bobologie à la maison, je n'ai pas l'impression que nous soyons d'énormes consommateurs médicaux. Et bien en colligeant tous les frais susceptibles d'être remboursés, j'arrive quand même à 1300 € de frais médicaux divers (sans compter mes dents). La consultation médicale est entre 30 et 50 € ici, et la moindre visite psy à 100€. Je ne sais pas combien seront pris en charge. Je me demande si du coup il y a des risques que notre prime augmente l'an prochain. Est-ce qu'il y a des bonus/malus en santé aussi ?
Les dents, c'est une autre police d'assurance à part. Pour mon implant à 1400 €, j'ai été remboursée 250. C'est mieux que rien. Mais du coup, j'ai pas intérêt à en péter une autre avant 2 ans, sinon c'est tout pour ma pomme.
Pour l'orthodontie des enfants, sur 4000€ de devis, il y a possibilité d'être remboursé max 1200€, après formulaire, étude des radios, et avis d'expert. Genre, ça fait cher le joli sourire, quand même.
Si tu remplis un formulaire, l'Etat peut en prendre une partie en charge. Mais pas pour moi, parce qu'en ayant travaillé 3 ans à mi-temps, j'ai pas encore assez cotisé pour y avoir droit (idem pour les lunettes, soit dit en passant).
Mais bon pour les dents (pas les lunettes) : si tu remplis un autre formulaire et que tu l'envoies aux impôts, t'as peut-être le droit à une ristourne.
Et les allocs ? Certaines sont sans conditions de ressources, mais pareil, on n'a rien sans rien : il faut constituer ton dossier de 400g et l'envoyer au bon endroit.
J'ai donc le Child Benefit (payé pour tous les enfants scolarisés) et la Domiciliary Care Allowance (allocation enfant handicapé, du fait du diagnostic de Dragon1). Bien que je ne travaille pas pour m'occuper de lui, je n'ai droit à rien de plus, parce que je n'ai pas cotisé assez. Je n'ai pas le droit au chômage car je n'ai pas travaillé assez longtemps. Si je re-travaille à temps partiel, je n'ai pas le droit à un complément, parce que Monsieur Dragon est au-dessus des barèmes.
Je ne me plains pas, hein. Mais les français qui râlent pour leurs sucrettes à deux sous sans apprécier ce qu'ils ont, ça me fait sourire jaune.
Autant je trouve le système scolaire meilleur en Irlande, autant le côté santé/social laisse à désirer. Une des plus riches start-up du pays c'est GoFundMe, un site pour créer des cagnottes pour aider tes voisins à payer leur cancer. Y a sans doute un juste milieu entre ça et ceux qui exigent des examens coûteux et inutiles "parce qu'ils payent des impôts, ils y ont droit".
Parmi lesquelles les impôts, les allocations, la mutuelle.
Les impôts déjà... Ici, le prélèvement se fait déjà à la source, avec des échelons en fonction des revenus. Et c'est deux organismes différents qui gèrent les revenus salariés des autres revenus (libéraux et capitaux entre autre). Sans surprise, Monsieur Dragon et moi nous sommes au plus haut taux d'imposition. Mais comme on a eu des frais, et qu'il a mis de côté pour sa retraite, on a eu "une remise", et au final ils nous ont rendu des sous. Ca tombe bien.
Donc oui, ici, pas de sécu. Les enfants de moins de 6 ans et les gens de plus de 70 ans peuvent bénéficier d'un "tiers payant intégral" chez le généraliste, mais il faut en faire la demande. En revanche, il est possible de déclarer sur le site des impôts tous ses frais de santé (justificatifs à l'appui) et d'obtenir une ristourne.
De même, les médicaments ne sont pas remboursés. Jamais. Il existe un système pour ne pas se ruiner où l'Etat prend en charge les frais de pharmacie au-delà de 144 €/mois, mais pareil, il faut en faire la demande. Et ça laisse quand même 144 € à la charge du patient... Autant dire que les gens qui se battent pour faire rembourser leurs billes en sucre à 2,49 € ça paraît d'une autre planète, vu d'ici.
Mais pareil, si tu photographies tous les tickets de caisse de ta pharmacie* et que tu les mets sur le site des impôts, tu peux avoir droit à une ristourne. (* Et il n'y a qu'à espérer que la loi GPRD est bien respectée, parce qu'une administration qui sait par le menu tous les médecins que tu as consultés et tous les traitements que tu as eus au cours de l'année écoulée peut en déduire pas mal de choses...)
Et au final, ça fait réfléchir. Déjà parce qu'en pharmacie on a dépensé plusieurs centaines d'euros l'année écoulée. C'est jamais beaucoup à la fois, mais 15 euros ici, 25 euros là... L'autre chose que ça m'a permis de constater, c'est que le prix des médicaments n'est pas régulé.
La mélatonine de Dragon1, par exemple, que je prends en même quantité tous les mois. Sur 5 pharmacies différentes, 2 ont des prix similaires (18 €/30cp), 1 à la moitié (9€), l'autre le double (31€), et la dernière c'est encore mieux, comme elle n'avait plus de 3mg, elle m'a donné 30 cp de 2mg et 30 cp de 1mg (jusque là, ok), pour 20€ chaque soit 40€ !
Bref, en fonction du traitement qu'il vous faut, mieux vaut aller dans telle ou telle pharmacie. Evidemment, personne ne vous le dit, ça. Et puis si on a un traitement coûteux, mieux vaut acheter tout plein d'autres médicaments le même jour pour dépasser les 144 € et ne pas en payer une partie.
Vu que ça chiffre, et qu'on ne sait jamais quand on va tomber malade et devoir sortir plein de sous imprévus, la solution c'est de prendre une assurance santé privée. Ce n'est pas une mutuelle. C'est des sous que tu payes tous les mois pour être remboursé en cas de sinistre (même principe que pour ta voiture). Ca coute des sous. Que tu donnes après avoir payé tes impôts (des fois, ton employeur est gentil et en paye une partie, comme aux US - c'est ce que fait pour nous BigCompany. Mais c'est déduit de ton salaire, faut pas déconner non plus).
En Irlande, grosso modo la moitié de la population a une assurance santé. Mais comme pour ta voiture, tu payes d'abord, et tu envoies les papiers après, et s'il n'y a pas de petites lettres en bas de ton contrat, tu es remboursé. (Ou bien tu vas dans un garage/centre de santé agréé, et là tu n'avances pas tous les frais : c'est dans un de ces établissements que j'attends de savoir si je peux travailler).
En ce qui nous concerne, je gère beaucoup de bobologie à la maison, je n'ai pas l'impression que nous soyons d'énormes consommateurs médicaux. Et bien en colligeant tous les frais susceptibles d'être remboursés, j'arrive quand même à 1300 € de frais médicaux divers (sans compter mes dents). La consultation médicale est entre 30 et 50 € ici, et la moindre visite psy à 100€. Je ne sais pas combien seront pris en charge. Je me demande si du coup il y a des risques que notre prime augmente l'an prochain. Est-ce qu'il y a des bonus/malus en santé aussi ?
Les dents, c'est une autre police d'assurance à part. Pour mon implant à 1400 €, j'ai été remboursée 250. C'est mieux que rien. Mais du coup, j'ai pas intérêt à en péter une autre avant 2 ans, sinon c'est tout pour ma pomme.
Pour l'orthodontie des enfants, sur 4000€ de devis, il y a possibilité d'être remboursé max 1200€, après formulaire, étude des radios, et avis d'expert. Genre, ça fait cher le joli sourire, quand même.
Si tu remplis un formulaire, l'Etat peut en prendre une partie en charge. Mais pas pour moi, parce qu'en ayant travaillé 3 ans à mi-temps, j'ai pas encore assez cotisé pour y avoir droit (idem pour les lunettes, soit dit en passant).
Mais bon pour les dents (pas les lunettes) : si tu remplis un autre formulaire et que tu l'envoies aux impôts, t'as peut-être le droit à une ristourne.
Et les allocs ? Certaines sont sans conditions de ressources, mais pareil, on n'a rien sans rien : il faut constituer ton dossier de 400g et l'envoyer au bon endroit.
J'ai donc le Child Benefit (payé pour tous les enfants scolarisés) et la Domiciliary Care Allowance (allocation enfant handicapé, du fait du diagnostic de Dragon1). Bien que je ne travaille pas pour m'occuper de lui, je n'ai droit à rien de plus, parce que je n'ai pas cotisé assez. Je n'ai pas le droit au chômage car je n'ai pas travaillé assez longtemps. Si je re-travaille à temps partiel, je n'ai pas le droit à un complément, parce que Monsieur Dragon est au-dessus des barèmes.
Je ne me plains pas, hein. Mais les français qui râlent pour leurs sucrettes à deux sous sans apprécier ce qu'ils ont, ça me fait sourire jaune.
Autant je trouve le système scolaire meilleur en Irlande, autant le côté santé/social laisse à désirer. Une des plus riches start-up du pays c'est GoFundMe, un site pour créer des cagnottes pour aider tes voisins à payer leur cancer. Y a sans doute un juste milieu entre ça et ceux qui exigent des examens coûteux et inutiles "parce qu'ils payent des impôts, ils y ont droit".
vendredi 20 septembre 2019
Septembre
C'est une ambiance un peu particulière cette année, à la fois très semblable aux précédentes, et en même temps différente, principalement parce que je suis bien plus détendue.
L'école a repris. Dragon1 n'a pas refait de crise, il aime beaucoup son maître et il semble qu'il trouve son rythme. Malgré tout, il a déjà raté 2 jours pour des douleurs abdo dont je ne suis pas convaincue de l'organicité, mais bon... J'ose pas trop pousser.
La semaine dernière nous avons revu la SLT et l'OT de SMH (Aha, avez-vous révisé votre lexique ? Hum ?) pour une évaluation de l'écriture qui était programmée depuis juin. On en a profité pour rediscuter et elles vont organiser une rencontre avec l'école pour discuter des stratégies à adopter (même si honnêtement il y a déjà beaucoup de choses mises en place). Côté écriture c'est pas la cata mais c'est lent et laborieux, et il tape déjà mieux qu'il n'écrit, donc l'OT a recommandé qu'il ait un laptop (ordi portable) en classe. J'ai fait passer le papier à l'école, reste à ce qu'ils contactent le Ministère pour avoir les sous, donc je ne sais pas trop quand ça se fera, mais bon, c'est en cours.
Pour Dragon2, ma foi, ça a l'air d'aller. Je n'ai pas réussi à approcher sa maîtresse encore, mais j'imagine que si elle ne m'a pas encore attrapée c'est qu'il gère. Moi je le trouve vraiment très éparpillé à la maison, mais c'est peut-être secondaire au fait qu'il fait beaucoup d'efforts à l'école. Aucune nouvelle de la demande de réévaluation et, sans surprise, le groupe de sociabilisation qui devait avoir lieu "en septembre ou en janvier" sera en janvier. On n'est plus à 6 mois près.
Le bon côté d'être à la maison, c'est que du coup on peut prévoir des activités l'après-midi. On a donc repris la piscine, mais avec l'école le lundi après-midi, et Dragon2 a commencé des cours de hip-hop le jeudi après-midi et ça a l'air de lui plaire. Même la piscine n'est pas autant source de chouinement, parce que c'est dans une autre piscine avec de meilleurs vestiaires, il n'y a que le groupe de l'école donc moins d'enfants, que la leçon est un peu plus courte et que c'est quand même plus motivant avec les copains. En plus, Dragon2 est tombé sur la même maîtresse que l'an dernier (il faut croire qu'elle intervient dans plusieurs piscines du coin !)
Et moi donc ? Mon projet est sur de bons rails, ça avance, petit à petit. Puisque l'hôpital public refuse de me prendre à mi-temps, et que le travail en intérim (une semaine ici, une autre ailleurs) n'est pas compatible avec ma vie de famille, j'envisage de basculer du côté obscur des consultations en secteur privé. Ca me chagrine un peu à l'heure où les médecins irlandais se mobilisent pour faire valoir au gouvernement qu'il y a actuellement 500 postes non pourvus dans les hôpitaux et que 60% des jeunes diplômés s'exilent en Australie ou au Canada parce que les conditions de travail et la paie y sont meilleures. Mais j'y suis pour rien s'ils sont bornés et peu flexibles.
Parenthèse politique :
Suite au crash économique de 2008, l'Etat a obtenu en 2012 de baisser de 30% la rétribution des médecins. Cette mesure, négociée avec les médecins déjà en place à l'époque, ne s'appliquait bien évidemment qu'aux nouveaux entrants. Et curieusement, quand l'économie est repartie, l'Etat a "oublié" de relever le salaire des médecins. On a donc, depuis 7 ans, des équipes constituées de médecins qui font exactement le même boulot, mais dont certains sont payés 30% de plus, juste parce qu'ils étaient là avant. Bon ben dans un contexte où il y a du boulot partout, si on peut trouver un poste à un endroit où le temps de travail est respecté et où à travail égal on a un salaire égal, qui peut vraiment blâmer les jeunes d'aller ailleurs ?
Les vieux médecins commencent à râler, ils se retrouvent à devoir faire le travail tout seuls, ils voudraient bien que les jeunes restent alors ils demandent au gouvernement de close the pay gap (reboucher le trou de la différence de paie). Pour l'instant, le gouvernement fait la sourde oreille. Moi je me demande, s'il finissent par dire "ok, mais alors on met tout le monde pareil, et c'est -30% pour les vieux" si ça marcherait pareil. J'ai l'impression que non, mais je peux me planter.
Fin de la parenthèse.
Donc oui, j'ai pris contact avec une compagnie d'assurance santé privée qui s'enorgueillit de proposer à ses clients un accès rapide à des avis spécialisés dans leur clinique dédiée et je leur ai demandé si ça les intéressait un pédiatre de plus. En gros, la réponse est oui.
J'ai rencontré un Directeur Général, puis une Business Executive Administrator, j'ai passé un entretien avec un médecin, j'ai visité leurs locaux, et je dois rencontrer le Grand Boss la semaine prochaine. C'est tellement nouveau pour moi, tout ce jargon BigCompany. Si tout va bien, je serai amenée à signer un contrat de partenariat où je me mets à leur disposition pour une ou deux demi-journées par semaine, et en échange ils me laissent utiliser leurs locaux, s'occupent de toute la partie administrative et rémunèrent une infirmière pour bosser avec moi.
Ce serait vraiment cool, parce que ça veut dire plus de gardes ou de week-end, et plus de temps à la maison pour les enfants.
Bon, financièrement, c'est pas certain que ça vaille bien bien le coup. Je veux dire les tarifs sont bien meilleurs qu'en France, indéniablement, mais les frais aussi... Passer libérale ça veut dire : payer un comptable (parce que moi je suis vraiment à la ramasse), payer une société de facturation (c'est mieux), trouver une personne pour assurer l'intérim à la maison les jours où je bosse (vu que je peux difficilement partir sans crier gare au milieu d'une consult', d'autant que c'est à l'autre bout de la ville...) et 50% de prélèvement à la source (même s'il m'en rendent un peu au final, ça va quand même piquer). Déjà, rien que l'assurance pro me fait un devis à 7000 € / an pour que je sois couverte 2 jours / semaine...
Alors je suis bien contente d'avoir droit à la DCA (l'allocation enfant handicapé), mais je suis pas certaine qu'au final travailler me rapporte tant que ça (du moins, pas si je ne travaille qu'un jour ou deux par semaine). Disons que tant que ça couvre les frais, ça permet de se remettre le pied à l'étrier, mais je me demande bien quand est-ce qu'on devient les nantis qu'on est sensés être...
A propos de sous, on a aussi été voir l'orthodentiste... Sans surprise, les deux dragonnets ont besoin d'une prise en charge. Un faux palais puis des bagues pour Dragon1, un masque à porter la nuit pour Dragon2. Compter en gros 4000 € par enfants. Mais y a une réduc' de 5% pour le deuxième *wink*
Plus sérieusement, je pense qu'on va attendre un peu pour Dragon2, parce que je ne suis vraiment pas convaincue d'arriver à lui faire porter un masque (assez horrible faut bien dire) plus de 10h/j tous les jours. Et la dame aux jolies mains manucurées nous a donné un papier où c'est tout expliqué comment on peut étaler les paiements si on veut. Non mais sérieusement les gens, vous faites comment ?
Bref. En attendant que la décision soit prise, je m'occupe. J'apprends des choses sur internet, je fais du pain et je fais cuire et cailler du lait (oui, mes essais de yaourt maison sont peu concluants pour l'instant). Hormis quelques jours bien gris, l'arrière saison est plutôt belle, les arbres commencent juste à roussir, et certains jours sont encore bien doux (17-18°C). J'ai pas trop hâte de rattaquer l'hiver.
L'école a repris. Dragon1 n'a pas refait de crise, il aime beaucoup son maître et il semble qu'il trouve son rythme. Malgré tout, il a déjà raté 2 jours pour des douleurs abdo dont je ne suis pas convaincue de l'organicité, mais bon... J'ose pas trop pousser.
La semaine dernière nous avons revu la SLT et l'OT de SMH (Aha, avez-vous révisé votre lexique ? Hum ?) pour une évaluation de l'écriture qui était programmée depuis juin. On en a profité pour rediscuter et elles vont organiser une rencontre avec l'école pour discuter des stratégies à adopter (même si honnêtement il y a déjà beaucoup de choses mises en place). Côté écriture c'est pas la cata mais c'est lent et laborieux, et il tape déjà mieux qu'il n'écrit, donc l'OT a recommandé qu'il ait un laptop (ordi portable) en classe. J'ai fait passer le papier à l'école, reste à ce qu'ils contactent le Ministère pour avoir les sous, donc je ne sais pas trop quand ça se fera, mais bon, c'est en cours.
Pour Dragon2, ma foi, ça a l'air d'aller. Je n'ai pas réussi à approcher sa maîtresse encore, mais j'imagine que si elle ne m'a pas encore attrapée c'est qu'il gère. Moi je le trouve vraiment très éparpillé à la maison, mais c'est peut-être secondaire au fait qu'il fait beaucoup d'efforts à l'école. Aucune nouvelle de la demande de réévaluation et, sans surprise, le groupe de sociabilisation qui devait avoir lieu "en septembre ou en janvier" sera en janvier. On n'est plus à 6 mois près.
Le bon côté d'être à la maison, c'est que du coup on peut prévoir des activités l'après-midi. On a donc repris la piscine, mais avec l'école le lundi après-midi, et Dragon2 a commencé des cours de hip-hop le jeudi après-midi et ça a l'air de lui plaire. Même la piscine n'est pas autant source de chouinement, parce que c'est dans une autre piscine avec de meilleurs vestiaires, il n'y a que le groupe de l'école donc moins d'enfants, que la leçon est un peu plus courte et que c'est quand même plus motivant avec les copains. En plus, Dragon2 est tombé sur la même maîtresse que l'an dernier (il faut croire qu'elle intervient dans plusieurs piscines du coin !)
Et moi donc ? Mon projet est sur de bons rails, ça avance, petit à petit. Puisque l'hôpital public refuse de me prendre à mi-temps, et que le travail en intérim (une semaine ici, une autre ailleurs) n'est pas compatible avec ma vie de famille, j'envisage de basculer du côté obscur des consultations en secteur privé. Ca me chagrine un peu à l'heure où les médecins irlandais se mobilisent pour faire valoir au gouvernement qu'il y a actuellement 500 postes non pourvus dans les hôpitaux et que 60% des jeunes diplômés s'exilent en Australie ou au Canada parce que les conditions de travail et la paie y sont meilleures. Mais j'y suis pour rien s'ils sont bornés et peu flexibles.
Parenthèse politique :
Suite au crash économique de 2008, l'Etat a obtenu en 2012 de baisser de 30% la rétribution des médecins. Cette mesure, négociée avec les médecins déjà en place à l'époque, ne s'appliquait bien évidemment qu'aux nouveaux entrants. Et curieusement, quand l'économie est repartie, l'Etat a "oublié" de relever le salaire des médecins. On a donc, depuis 7 ans, des équipes constituées de médecins qui font exactement le même boulot, mais dont certains sont payés 30% de plus, juste parce qu'ils étaient là avant. Bon ben dans un contexte où il y a du boulot partout, si on peut trouver un poste à un endroit où le temps de travail est respecté et où à travail égal on a un salaire égal, qui peut vraiment blâmer les jeunes d'aller ailleurs ?
Les vieux médecins commencent à râler, ils se retrouvent à devoir faire le travail tout seuls, ils voudraient bien que les jeunes restent alors ils demandent au gouvernement de close the pay gap (reboucher le trou de la différence de paie). Pour l'instant, le gouvernement fait la sourde oreille. Moi je me demande, s'il finissent par dire "ok, mais alors on met tout le monde pareil, et c'est -30% pour les vieux" si ça marcherait pareil. J'ai l'impression que non, mais je peux me planter.
Fin de la parenthèse.
Donc oui, j'ai pris contact avec une compagnie d'assurance santé privée qui s'enorgueillit de proposer à ses clients un accès rapide à des avis spécialisés dans leur clinique dédiée et je leur ai demandé si ça les intéressait un pédiatre de plus. En gros, la réponse est oui.
J'ai rencontré un Directeur Général, puis une Business Executive Administrator, j'ai passé un entretien avec un médecin, j'ai visité leurs locaux, et je dois rencontrer le Grand Boss la semaine prochaine. C'est tellement nouveau pour moi, tout ce jargon BigCompany. Si tout va bien, je serai amenée à signer un contrat de partenariat où je me mets à leur disposition pour une ou deux demi-journées par semaine, et en échange ils me laissent utiliser leurs locaux, s'occupent de toute la partie administrative et rémunèrent une infirmière pour bosser avec moi.
Ce serait vraiment cool, parce que ça veut dire plus de gardes ou de week-end, et plus de temps à la maison pour les enfants.
Bon, financièrement, c'est pas certain que ça vaille bien bien le coup. Je veux dire les tarifs sont bien meilleurs qu'en France, indéniablement, mais les frais aussi... Passer libérale ça veut dire : payer un comptable (parce que moi je suis vraiment à la ramasse), payer une société de facturation (c'est mieux), trouver une personne pour assurer l'intérim à la maison les jours où je bosse (vu que je peux difficilement partir sans crier gare au milieu d'une consult', d'autant que c'est à l'autre bout de la ville...) et 50% de prélèvement à la source (même s'il m'en rendent un peu au final, ça va quand même piquer). Déjà, rien que l'assurance pro me fait un devis à 7000 € / an pour que je sois couverte 2 jours / semaine...
Alors je suis bien contente d'avoir droit à la DCA (l'allocation enfant handicapé), mais je suis pas certaine qu'au final travailler me rapporte tant que ça (du moins, pas si je ne travaille qu'un jour ou deux par semaine). Disons que tant que ça couvre les frais, ça permet de se remettre le pied à l'étrier, mais je me demande bien quand est-ce qu'on devient les nantis qu'on est sensés être...
A propos de sous, on a aussi été voir l'orthodentiste... Sans surprise, les deux dragonnets ont besoin d'une prise en charge. Un faux palais puis des bagues pour Dragon1, un masque à porter la nuit pour Dragon2. Compter en gros 4000 € par enfants. Mais y a une réduc' de 5% pour le deuxième *wink*
Plus sérieusement, je pense qu'on va attendre un peu pour Dragon2, parce que je ne suis vraiment pas convaincue d'arriver à lui faire porter un masque (assez horrible faut bien dire) plus de 10h/j tous les jours. Et la dame aux jolies mains manucurées nous a donné un papier où c'est tout expliqué comment on peut étaler les paiements si on veut. Non mais sérieusement les gens, vous faites comment ?
Bref. En attendant que la décision soit prise, je m'occupe. J'apprends des choses sur internet, je fais du pain et je fais cuire et cailler du lait (oui, mes essais de yaourt maison sont peu concluants pour l'instant). Hormis quelques jours bien gris, l'arrière saison est plutôt belle, les arbres commencent juste à roussir, et certains jours sont encore bien doux (17-18°C). J'ai pas trop hâte de rattaquer l'hiver.
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| La kermesse de rentrée de l'école a encore eu un grand succès cette année |
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| Mes dragonnets ! |
vendredi 30 août 2019
C'est la rentrée !
Mais où est passé août ? Nous y reviendrons, il a filé trop vite.
Hier, c'était donc la rentrée des classes, en 4th class pour Dragon1, en 2nd class pour Dragon2. Si j'avais écrit ce billet hier, il aurait été plein de fleurs et de petits zoziaux. Si je l'avais écrit 3 heures plus tôt aussi. Mais comme on n'est pas chez Disney ici, il sera un peu plus nuancé. Résumé des événements donc :
Août :
- 1 semaine chez les GrandsParents Dragon, orages et piscine, planétarium.
- Visite de Guédelon, hébergement en cabanes bio avec toilettes sèches et bougies.
- 1 semaine en gîte avec les cousins, piscine, cabane et lézards.
Beaucoup d'expériences, beaucoup de vie en communauté avec quelques petits couacs mais dans l'ensemble 3 semaines bien appréciées. M'enfin ça fait long, quand même, trois semaines loin de chez soi, et ça ne laissait au final qu'un jour et demi pour reprendre nos marques, ce qui est sans doute trop peu.
Quelques jours avant la rentrée, nous avons su que Dragon1 aurait un maître cette année, nouveau venu dans l'école. Ca l'a un peu stressé. Dragon2 a une maîtresse, qui était déjà là l'an dernier même si elle s'occupait de l'autre 1st class, mais qu'il connaît déjà un peu du coup.
La veille de la rentrée j'ai réalisé 1) que le papier que j'avais pour couvrir les livres n'allait pas 2) qu'un des livres de Dragon2 n'était pas le bon. On a donc filé au centre commercial et on a trouvé le papier, le bouquin (le bon cette fois !), de nouveaux sacs qui vont bien, et des thermos pour pouvoir manger chaud ! Alleluia.
Hier, j'ai pris un coup de vieux, et puis nous sommes partis faire notre 5eme rentrée irlandaise... Encore deux classes de plus cette année, ça commence à faire vraiment beaucoup de monde dans la cour. Dragon1 était très nerveux, mais il a immédiatement été parler avec ses copains/copines, et une SNA qui le connaît bien était là pour le canaliser un peu dans la queue et ça c'est très bien passé.
Dragon2 était plus cool, mais arrivé dans la foule, il était perdu, il n'arrivait pas à reconnaître la ligne avec ses camarades de l'an dernier. Il a fallu que je le guide, mais la maîtresse est arrivée, elle l'a tout de suite pris en charge et gardé vers elle, et il est aussi parti sans problème (aucun regard en arrière ou coucou de la main, ni l'un ni l'autre).
En sortant, Dragon1 était tout content : son maître est très gentil et puis il va leur faire faire des sciences et de l'ordinateur, et il va y avoir un site web où on pourra faire ses devoirs en ligne, et il lui a dit qu'il savait coder alors tout était cool.
Dragon2 aussi était très content : sa maîtresse est vraiment gentille, et en plus il n'a même pas travaillé, que fait des jeux et de la pâte à modeler, c'est vraiment trop facile 2nd class !
Ce matin, c'est moi qui avait rendez-vous pour discuter d'une possibilité de boulot, juste quelques consultations par semaine, sans gardes et sans week-end, qui me conviendrait vraiment bien. C'était plutôt positif, et si j'ai encore rien de concret, il semble bien qu'il y a vraiment moyen de goupiller un truc pas trop mal qui me laisserait du temps avec les enfants tout en me permettant de ne pas complètement me couper du boulot et en ramenant un peu d'argent. Souhaitons que ça continue sur cette voie et que ça débouche sur du concret !
J'ai récupéré Dragon2 tout heureux et excité, et c'est en voyant que toute la classe de Dragon1 était sortie sauf lui que j'ai compris. Je me suis présentée au maître en lui demandant s'il fallait que j'aille chercher mon fils en classe, et il a eu l'air soulagé "Euh oui, ça serait bien... Tout allait bien, vraiment, il travaillait très bien sur un projet d'art mais quand il a fallu arrêter..." (Ah oui, je sais, ça fait bizarre, ce genre de crises, quand on ne les voit pas venir.)
Mon Dragon1 était seul dans la classe, en train de déplacer les tables, son casque sur les oreilles, avec sa SNA à proximité, et ne savait pousser que des grognements. Un bon niveau 4 3/4 je dirais. Heureusement, il m'a laissé l'approcher, on s'est mis dans un coin, il a fini par pleurer un peu et s'est assez calmé pour que nous puissions partir. Nous avons donc quitté l'école les derniers, Dragon2 sautillant mais qui avait compris (Dieu merci !) qu'il fallait ne rien dire jusqu'à ce qu'on soit rentrés à la maison, Dragon1 et son casque et ses grognements, et moi qui lui entourait les épaules en portant tous les sacs, essayant d'arborer un petit sourire qui dit "non, c'est rien, c'est cool, on gère, désolée, désolée". Sur le pas de la porte, le maître m'a tendu les lunettes dont la branche a été cassée dans la bataille. Et c'est lui qui avait l'air vraiment désolé (et pour tout dire un peu paumé). Le pauvre.
Au moins le voilà prévenu, mais j'aurais préféré une autre forme d'introduction. Super première impression. Bon, les élèves de la classe ils savent un peu, ça ne les choque plus autant, même ils essayaient d'aider (même si Dragon1 dit qu'en fait c'était pire, vu qu'à ce stade, il avait juste besoin qu'on lui fiche la paix).
Bref. Même quand tout se passe bien, c'est pas toujours cuicui les ptits zoziaux. Maintenant qu'il s'est calmé Dragon1 dit qu'il s'est senti mal toute la matinée, il a mal dormi, il était fatigué, son sandwich est tombé par terre, du coup il l'a pas mangé, du coup il avait faim, et il savait que j'étais loin et que je ne pouvais pas venir le chercher facilement, et il n'arrivait pas à faire son truc comme il voulait et pouf... KABOOM. Il dit qu'il en a parlé à la SNA mais qu'elle n'a fait qu'un petit movement break. Le prof, c'est normal qu'il n'ait rien vu venir (nous-même on se fait prendre aussi, et on le côtoie depuis 10 ans, pas quelques heures...) Ce que j'aimerais, c'est vraiment qu'il arrive à dire quand ça monte et qu'on le prenne au sérieux, histoire d'éviter ce genre d'incidents.
Là ça va mieux, on a décidé de renoncer à la fête d'anniversaire demain (une quinzaine d'enfants surexcités, dans une salle avec des trampolines partout et un bruit à se taper la tête contre les murs, what could go wrong ?)
Il restera à rassurer le prof lundi, et à faire réparer (ou remplacer :/ ) les lunettes.
C'est pas marrant, mais le fait de savoir ce que c'est et d'où ça vient, ça permet de moins se prendre la tête. Maintenant, j'espère que c'est juste lié à la rentrée et au chamboulement du retour des vacances, parce que ça fait quand même 2 ou 3 meltdowns au cours du dernier mois, et que je voudrais pas que ça continue sur ce rythme-là...
Hier, c'était donc la rentrée des classes, en 4th class pour Dragon1, en 2nd class pour Dragon2. Si j'avais écrit ce billet hier, il aurait été plein de fleurs et de petits zoziaux. Si je l'avais écrit 3 heures plus tôt aussi. Mais comme on n'est pas chez Disney ici, il sera un peu plus nuancé. Résumé des événements donc :
Août :
- 1 semaine chez les GrandsParents Dragon, orages et piscine, planétarium.
- Visite de Guédelon, hébergement en cabanes bio avec toilettes sèches et bougies.
- 1 semaine en gîte avec les cousins, piscine, cabane et lézards.
Beaucoup d'expériences, beaucoup de vie en communauté avec quelques petits couacs mais dans l'ensemble 3 semaines bien appréciées. M'enfin ça fait long, quand même, trois semaines loin de chez soi, et ça ne laissait au final qu'un jour et demi pour reprendre nos marques, ce qui est sans doute trop peu.
Quelques jours avant la rentrée, nous avons su que Dragon1 aurait un maître cette année, nouveau venu dans l'école. Ca l'a un peu stressé. Dragon2 a une maîtresse, qui était déjà là l'an dernier même si elle s'occupait de l'autre 1st class, mais qu'il connaît déjà un peu du coup.
La veille de la rentrée j'ai réalisé 1) que le papier que j'avais pour couvrir les livres n'allait pas 2) qu'un des livres de Dragon2 n'était pas le bon. On a donc filé au centre commercial et on a trouvé le papier, le bouquin (le bon cette fois !), de nouveaux sacs qui vont bien, et des thermos pour pouvoir manger chaud ! Alleluia.
Hier, j'ai pris un coup de vieux, et puis nous sommes partis faire notre 5eme rentrée irlandaise... Encore deux classes de plus cette année, ça commence à faire vraiment beaucoup de monde dans la cour. Dragon1 était très nerveux, mais il a immédiatement été parler avec ses copains/copines, et une SNA qui le connaît bien était là pour le canaliser un peu dans la queue et ça c'est très bien passé.
Dragon2 était plus cool, mais arrivé dans la foule, il était perdu, il n'arrivait pas à reconnaître la ligne avec ses camarades de l'an dernier. Il a fallu que je le guide, mais la maîtresse est arrivée, elle l'a tout de suite pris en charge et gardé vers elle, et il est aussi parti sans problème (aucun regard en arrière ou coucou de la main, ni l'un ni l'autre).
En sortant, Dragon1 était tout content : son maître est très gentil et puis il va leur faire faire des sciences et de l'ordinateur, et il va y avoir un site web où on pourra faire ses devoirs en ligne, et il lui a dit qu'il savait coder alors tout était cool.
Dragon2 aussi était très content : sa maîtresse est vraiment gentille, et en plus il n'a même pas travaillé, que fait des jeux et de la pâte à modeler, c'est vraiment trop facile 2nd class !
Ce matin, c'est moi qui avait rendez-vous pour discuter d'une possibilité de boulot, juste quelques consultations par semaine, sans gardes et sans week-end, qui me conviendrait vraiment bien. C'était plutôt positif, et si j'ai encore rien de concret, il semble bien qu'il y a vraiment moyen de goupiller un truc pas trop mal qui me laisserait du temps avec les enfants tout en me permettant de ne pas complètement me couper du boulot et en ramenant un peu d'argent. Souhaitons que ça continue sur cette voie et que ça débouche sur du concret !
J'ai récupéré Dragon2 tout heureux et excité, et c'est en voyant que toute la classe de Dragon1 était sortie sauf lui que j'ai compris. Je me suis présentée au maître en lui demandant s'il fallait que j'aille chercher mon fils en classe, et il a eu l'air soulagé "Euh oui, ça serait bien... Tout allait bien, vraiment, il travaillait très bien sur un projet d'art mais quand il a fallu arrêter..." (Ah oui, je sais, ça fait bizarre, ce genre de crises, quand on ne les voit pas venir.)
Mon Dragon1 était seul dans la classe, en train de déplacer les tables, son casque sur les oreilles, avec sa SNA à proximité, et ne savait pousser que des grognements. Un bon niveau 4 3/4 je dirais. Heureusement, il m'a laissé l'approcher, on s'est mis dans un coin, il a fini par pleurer un peu et s'est assez calmé pour que nous puissions partir. Nous avons donc quitté l'école les derniers, Dragon2 sautillant mais qui avait compris (Dieu merci !) qu'il fallait ne rien dire jusqu'à ce qu'on soit rentrés à la maison, Dragon1 et son casque et ses grognements, et moi qui lui entourait les épaules en portant tous les sacs, essayant d'arborer un petit sourire qui dit "non, c'est rien, c'est cool, on gère, désolée, désolée". Sur le pas de la porte, le maître m'a tendu les lunettes dont la branche a été cassée dans la bataille. Et c'est lui qui avait l'air vraiment désolé (et pour tout dire un peu paumé). Le pauvre.
Au moins le voilà prévenu, mais j'aurais préféré une autre forme d'introduction. Super première impression. Bon, les élèves de la classe ils savent un peu, ça ne les choque plus autant, même ils essayaient d'aider (même si Dragon1 dit qu'en fait c'était pire, vu qu'à ce stade, il avait juste besoin qu'on lui fiche la paix).
Bref. Même quand tout se passe bien, c'est pas toujours cuicui les ptits zoziaux. Maintenant qu'il s'est calmé Dragon1 dit qu'il s'est senti mal toute la matinée, il a mal dormi, il était fatigué, son sandwich est tombé par terre, du coup il l'a pas mangé, du coup il avait faim, et il savait que j'étais loin et que je ne pouvais pas venir le chercher facilement, et il n'arrivait pas à faire son truc comme il voulait et pouf... KABOOM. Il dit qu'il en a parlé à la SNA mais qu'elle n'a fait qu'un petit movement break. Le prof, c'est normal qu'il n'ait rien vu venir (nous-même on se fait prendre aussi, et on le côtoie depuis 10 ans, pas quelques heures...) Ce que j'aimerais, c'est vraiment qu'il arrive à dire quand ça monte et qu'on le prenne au sérieux, histoire d'éviter ce genre d'incidents.
Là ça va mieux, on a décidé de renoncer à la fête d'anniversaire demain (une quinzaine d'enfants surexcités, dans une salle avec des trampolines partout et un bruit à se taper la tête contre les murs, what could go wrong ?)
Il restera à rassurer le prof lundi, et à faire réparer (ou remplacer :/ ) les lunettes.
C'est pas marrant, mais le fait de savoir ce que c'est et d'où ça vient, ça permet de moins se prendre la tête. Maintenant, j'espère que c'est juste lié à la rentrée et au chamboulement du retour des vacances, parce que ça fait quand même 2 ou 3 meltdowns au cours du dernier mois, et que je voudrais pas que ça continue sur ce rythme-là...
samedi 27 juillet 2019
Juillet
Pfiou, Juillet est déjà presque fini ? Je ne l'ai pas vu passer.
Il faut dire que le boulot ne me manque pas. Genre pas du tout. Je suis en contact avec une agence d'intérim pour voir si je pourrais me lancer dans des consultations privées à la rentrée, mais la nana avec qui je correspond n'est vraiment pas brillante (genre, elle n'a pas compris que spécialiste ça ne voulait pas dire généraliste, ou bien me donne une date pour un rendez-vous téléphonique mais oublie de le confirmer avec son collègue qui était sensé m'appeler...) Bref, ça s'éternise, mais en même temps, j'ai tout mon temps.
Pendant ce temps-là (justement), les médecins tirent la sonnette d'alarme, les listes d'attente dépassent 1 an pour les consultations (1 an, en pédiatrie... Genre, ton gamin il a un problème à 3 mois, avec un peu de chance, il sera vu à 1 an 1/2...), 20 % des postes de PH en pédiatrie ne sont pas pourvus, et la première aile du futur super hôpital pédiatrique qui doit ouvrir la semaine prochaine ne va finalement ouvrir que de 8 à 6 en semaine, parce qu'ils n'ont pas réussi à recruter assez de monde (et on me glisse dans l'oreillette que même comme ça ils s'attendent à des couacs vu comme c'est bien organisé...) Bref, je suis bien chez moi.
On a un bel été irlandais, avec pas trop de pluie, des jours où on peut rester en T shirts, et même quelques pointes à 23-25°C où on dort la fenêtre entrouverte (mais on la referme à 2h, quand il fait frisquet, faudrait quand même pas risquer de prendre froid...)
OUI, je sais, y en a pendant ce temps-là qui se tapent canicule sur canicule et vraiment, je préfère être à ma place qu'à la vôtre.
Je vois les politiques et les médias qui se moquent de Greta Thunberg et de son autisme et ça me fait mal à tellement de niveaux. Genre, on le sait que la planète elle est cassée, c'est même plus temps de discuter comment on va éviter le réchauffement et de faire de grands coups de com', il est l'heure du damage control, de réfléchir à comment on va se nourrir et vivre quand notre niveau de vie va drastiquement baisser et que les "catastrophes naturelles" seront devenues tellement habituelles qu'elles en seront banales, mais non, c'est tellement plus important de se foutre de la gueule d'une jeune fille de 16 ans qui essaie de bouger les choses, et d'avoir des sèche-cheveux plaqués or.
Honnêtement, j'ai plus beaucoup d'espoir dans le monde politique, je suis de plus en plus persuadée que quand tout se sera écroulé, c'est le bon sens de petites communautés de personnes qui fera repartir le monde à petite échelle. En attendant, les débiles à gros cheveux jaunes ont le vent en poupe. Je me demande si ça s'estompe un jour ce sentiment de "mais non, quand même pas lui, ils ne vont pas faire ça, ce serait d'une idiotie absolue... Ah ben si, ils l'ont fait..."
Bref, Trump est encore Président des USA où il peut tranquillement faire des camps de concentration et organiser des rafles en attendant de faire son mur, et Boris Johnson est le premier ministre grand-breton (au moins, on saura en quoi se déguiser au prochain Halloween...)
Il n'y a guère que quelques femmes (Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar ou Jacinta Ardern) pour m'y faire croire encore un peu, et encore j'ai tellement peur pour elles... C'est fou ça hein ? Que les femmes qui osent l'ouvrir on les admire mais aussi on a envie de leur dire "chut, moins fort, un détraqué va finir par s'en prendre à toi". On est pas dans la merde, moi je vous dis.
Enfin. Moi à mon échelle j'achète plus de carrés de coton, je plante des patates et je m'occupe de mon levain. Je joue aux légos et je pâtisse avec mes enfants. On pique-nique au parc. On se la coule douce.
La semaine prochaine, nous partons 3 jours sur la côte Ouest, à Doolin dans le county Clare, et j'espère que ça sera bien (17°C et 50% de pluie, raisonnable).
De rendez-vous annulés en reports on avance doucement avec les dragonnets. Aucune nouvelle encore des dossiers de demande de subvention que j'avais envoyés. J'aurais aimé au moins un accusé de réception, même si je sais que l'étude du dossier lui-même sera longue. Je redoute la classique lettre "nous avons bien étudié votre demande, mais blablabla désolé, cordialement NON."
Sinon Big Up à MonsieurDragon qui n'a pas dormi 2 jours pour concocter une belle lettre de réponse à ces enfoirés de location auto (Sixt, à éviter) qui 15 jours après qu'on ait rendu la voiture constatent qu'il y a une rayure sur le pare-choc et décident de refaire la peinture (version De Rugy) et nous demandent de régler la facture... 528 euros !! Alors qu'on l'avait rendu nickel (et que la dame à l'agence avait dit "filez juste les clés" sans faire d'état des lieux). Je pense qu'ils se sont dit que vu qu'on était étrangers, ça allait passer crème. Ils nous ont même facturé des frais de traduction.
Du coup, la lettre bien rédigée en français, avec référence aux textes de loi et à la jurisprudence qui leur dit de façon ferme et polie "fuck it les gars, y a méprise" ça a dû les surprendre un peu. Et j'admets avoir jubilé un peu devant le mail "baissage de froc" qu'on a reçu en réponse. Heureusement qu'il est fort à ça mon MonsieurDragon, moi je suis trop émotionnelle, je ne sais pas leur parler dans leur langue à ces gens-là.
Et du coup, le mois prochain, on l'abandonne à son triste sort (ou bien nous lui laissons 3 semaines de paix royale, au choix) et nous partons en France les enfants et moi, un peu chez les grands-parents Dragon, un peu chez Mamie avec au programme une nuit dans une cabane et la visite de Guédelon, puis une semaine en gîte avec toute la famille Princesse élargie avant de revenir 2 jours avant la rentrée...
Au final, j'ai pas vraiment l'impression de ne rien faire.
Il faut dire que le boulot ne me manque pas. Genre pas du tout. Je suis en contact avec une agence d'intérim pour voir si je pourrais me lancer dans des consultations privées à la rentrée, mais la nana avec qui je correspond n'est vraiment pas brillante (genre, elle n'a pas compris que spécialiste ça ne voulait pas dire généraliste, ou bien me donne une date pour un rendez-vous téléphonique mais oublie de le confirmer avec son collègue qui était sensé m'appeler...) Bref, ça s'éternise, mais en même temps, j'ai tout mon temps.
Pendant ce temps-là (justement), les médecins tirent la sonnette d'alarme, les listes d'attente dépassent 1 an pour les consultations (1 an, en pédiatrie... Genre, ton gamin il a un problème à 3 mois, avec un peu de chance, il sera vu à 1 an 1/2...), 20 % des postes de PH en pédiatrie ne sont pas pourvus, et la première aile du futur super hôpital pédiatrique qui doit ouvrir la semaine prochaine ne va finalement ouvrir que de 8 à 6 en semaine, parce qu'ils n'ont pas réussi à recruter assez de monde (et on me glisse dans l'oreillette que même comme ça ils s'attendent à des couacs vu comme c'est bien organisé...) Bref, je suis bien chez moi.
On a un bel été irlandais, avec pas trop de pluie, des jours où on peut rester en T shirts, et même quelques pointes à 23-25°C où on dort la fenêtre entrouverte (mais on la referme à 2h, quand il fait frisquet, faudrait quand même pas risquer de prendre froid...)
OUI, je sais, y en a pendant ce temps-là qui se tapent canicule sur canicule et vraiment, je préfère être à ma place qu'à la vôtre.
Je vois les politiques et les médias qui se moquent de Greta Thunberg et de son autisme et ça me fait mal à tellement de niveaux. Genre, on le sait que la planète elle est cassée, c'est même plus temps de discuter comment on va éviter le réchauffement et de faire de grands coups de com', il est l'heure du damage control, de réfléchir à comment on va se nourrir et vivre quand notre niveau de vie va drastiquement baisser et que les "catastrophes naturelles" seront devenues tellement habituelles qu'elles en seront banales, mais non, c'est tellement plus important de se foutre de la gueule d'une jeune fille de 16 ans qui essaie de bouger les choses, et d'avoir des sèche-cheveux plaqués or.
Honnêtement, j'ai plus beaucoup d'espoir dans le monde politique, je suis de plus en plus persuadée que quand tout se sera écroulé, c'est le bon sens de petites communautés de personnes qui fera repartir le monde à petite échelle. En attendant, les débiles à gros cheveux jaunes ont le vent en poupe. Je me demande si ça s'estompe un jour ce sentiment de "mais non, quand même pas lui, ils ne vont pas faire ça, ce serait d'une idiotie absolue... Ah ben si, ils l'ont fait..."
Bref, Trump est encore Président des USA où il peut tranquillement faire des camps de concentration et organiser des rafles en attendant de faire son mur, et Boris Johnson est le premier ministre grand-breton (au moins, on saura en quoi se déguiser au prochain Halloween...)
Il n'y a guère que quelques femmes (Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar ou Jacinta Ardern) pour m'y faire croire encore un peu, et encore j'ai tellement peur pour elles... C'est fou ça hein ? Que les femmes qui osent l'ouvrir on les admire mais aussi on a envie de leur dire "chut, moins fort, un détraqué va finir par s'en prendre à toi". On est pas dans la merde, moi je vous dis.
Enfin. Moi à mon échelle j'achète plus de carrés de coton, je plante des patates et je m'occupe de mon levain. Je joue aux légos et je pâtisse avec mes enfants. On pique-nique au parc. On se la coule douce.
La semaine prochaine, nous partons 3 jours sur la côte Ouest, à Doolin dans le county Clare, et j'espère que ça sera bien (17°C et 50% de pluie, raisonnable).
De rendez-vous annulés en reports on avance doucement avec les dragonnets. Aucune nouvelle encore des dossiers de demande de subvention que j'avais envoyés. J'aurais aimé au moins un accusé de réception, même si je sais que l'étude du dossier lui-même sera longue. Je redoute la classique lettre "nous avons bien étudié votre demande, mais blablabla désolé, cordialement NON."
Sinon Big Up à MonsieurDragon qui n'a pas dormi 2 jours pour concocter une belle lettre de réponse à ces enfoirés de location auto (Sixt, à éviter) qui 15 jours après qu'on ait rendu la voiture constatent qu'il y a une rayure sur le pare-choc et décident de refaire la peinture (version De Rugy) et nous demandent de régler la facture... 528 euros !! Alors qu'on l'avait rendu nickel (et que la dame à l'agence avait dit "filez juste les clés" sans faire d'état des lieux). Je pense qu'ils se sont dit que vu qu'on était étrangers, ça allait passer crème. Ils nous ont même facturé des frais de traduction.
Du coup, la lettre bien rédigée en français, avec référence aux textes de loi et à la jurisprudence qui leur dit de façon ferme et polie "fuck it les gars, y a méprise" ça a dû les surprendre un peu. Et j'admets avoir jubilé un peu devant le mail "baissage de froc" qu'on a reçu en réponse. Heureusement qu'il est fort à ça mon MonsieurDragon, moi je suis trop émotionnelle, je ne sais pas leur parler dans leur langue à ces gens-là.
Et du coup, le mois prochain, on l'abandonne à son triste sort (ou bien nous lui laissons 3 semaines de paix royale, au choix) et nous partons en France les enfants et moi, un peu chez les grands-parents Dragon, un peu chez Mamie avec au programme une nuit dans une cabane et la visite de Guédelon, puis une semaine en gîte avec toute la famille Princesse élargie avant de revenir 2 jours avant la rentrée...
Au final, j'ai pas vraiment l'impression de ne rien faire.
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