Voilà, une demi-année que nous sommes arrivés. Ca parait une éternité (je n'ai pas mis d'accent circonflexe à parait, mais maintenant j'ai le droit ;)
Six mois, c'était le temps que je me donnais pour mettre les choses en place, et globalement, même si on n'y est pas encore, y a du mieux.
Côté école :
Nous en sommes à deux semaines consécutives de comportement correct pour Dragon1 (avec une pause de 4 jours entre les deux, certes) mais c'est déjà un sacré progrès. Il ne rechigne plus à y aller, commence à parler de ses copains, semble enfin rentrer dans une routine qui lui convient. Alleluia. L'OT (occupational therapy) devrait se mettre en place dans 10 jours, et sa SNA a officiellement été embauchée (on peut donc espérer qu'il va continuer avec elle, et ça, c'est chouette).
L'école elle-même se construit, petit à petit. Une association de parents d'élèves a vu le jour, qui commence à organiser des choses, dont la possibilité de leçons de natation pour les enfants. Ca aussi, c'est chouette.
Côté vie sociale :
Sans dire d'avoir encore de véritables amis, du moins multiplions-nous les connaissances. C'est un début. L'organisation de l'anniversaire des dragonets m'a permis de parler avec la moitié des mamans/papas de l'école, et devrait réunir au final une quinzaine d'enfants (heureusement pas chez moi, à la plaine de jeux !) C'est plus que ce qu'on faisait en France !
Côté paperasse :
Des formulaires, et des formulaires, et encore des formulaires... Je n'en peux plus des formulaires où tu répètes pour la sixième fois les mêmes choses.
Et chaque étape se complique : il manque un papier, le voilà, il faut une traduction assermentée (*dring*, bruit de tiroir caisse), oh la traductrice s'est plantée (!!!), renvoyons-le, attendons la correction...
Récemment, j'ai fait une incursion du côté "assurances" de la Force. Eh ben je me rends compte que quand il s'agit d'expliquer une situation au téléphone, ben je suis pas si fluente que ça en anglais... C'est terrible cette sensation de manquer de mots, que ton interlocuteur ne comprend pas correctement, et se retrouver à mimer des choses au bout de son téléphone en bafouillant de plus en plus (comme si ça aidait, franchement...). Et encore, jusqu'à présent je n'ai jamais ressenti de mépris ou de condescendance en face, mais je ne peux m'empêcher d'imaginer les mamans turques qui galéraient pour expliquer la maladie de leur enfant à l'hôpital... Comme on ne sait rien, tant qu'on n'a pas été de l'autre côté du miroir !
Côté météo :
On attend le printemps. Si, si, il parait qu'il devrait arriver bientôt maintenant. Les jours retrouvent une taille "normale", les jonquilles fleurissent ici et là et quelques arbres commencent à arborer de timides fleurs. Bon, il fait toujours froid, mais le soleil apparaît quelques fois.
Côté vie politique :
C'était les élections hier. Il faudra un jour que je fasse un post plus détaillé sur le sujet, quand j'aurai mieux compris la différence entre Sinn Fein, Fine Gael et Fianna Fail (avouez que ça se ressemble un peu). Mais déjà, ici ils votent en semaine, ils ont le droit de choisir plusieurs personnes (en 1 je veux Bidule, et sinon en 2 Machin, même si Bidule et Machin ne sont pas du tout du même parti), et ils regroupent les élections régionales avec certains référendums (quitte à faire déplacer les gens, autant en profiter).
Voilà à peu près où nous en sommes. Pas facile, facile comme début, mais on devrait pouvoir y arriver...
Initialement destiné à recueillir mes impressions et commentaires sur le passage de la vie française à la vie irlandaise, ce blog a subrepticement glissé vers un récit de ma vie de maman de deux "atypiques" (autisme, troubles sensoriels, dyspraxie, haut potentiel, THADA/hyperactivité, j'ai un bel échantillon de ce que peut offrir la neuropsy !) Chez nous, être normal, c'est avoir des écailles et des ailes aux motifs bariolés.
samedi 27 février 2016
mercredi 17 février 2016
Mini-vacances !
Le nombre de stations de ski en Irlande étant très réduit (je crois avoir entendu dire qu'il n'en existait qu'une, et je ne parierais pas pour du ski de piste...), le mid-term break de février ne s'étend pas sur 6 semaines... Au total, c'est 4 jours (we inclus), mais qui sont les bienvenus !
A cette occasion, les maîtresses proposent un bilan de mi-année, qui au final ne s'avère pas si désastreux que ça.
Dragon1 : nous ne nous sommes pas étendus sur les problèmes de comportement, déjà bien débattus par ailleurs, mais plutôt sur ses résultats académiques, qui globalement sont bons. Ce qui n'est pas si mal, considérant qu'il n'est présent que deux heures par jours et qu'il n'écoute que la moitié de ce temps-là. Son niveau en anglais dépasse celui attendu pour un enfant non anglophone (EASL english as a second language), son écriture s'améliore, il possède déjà tous les prérequis en maths. Merci donc la zébritude (pour une fois !) qui permet de ne pas perdre complètement cette année malgré les difficultés rencontrées.
Néanmoins, nous concluons cette période sur 6 bons jours consécutifs (un record !), un dragonnet content de lui et les félicitations de sa maîtresse, ce qui fait du bien. Ni elle ni nous ne crions victoire, mais disons que l'horizon parait moins bouché. Déjà elle évoque à demi-mots sa présence dans l'établissement l'année prochaine, et les formalités sont en cours pour recruter une vraie SNA.
Peut-être est-ce l'approche de ce qu'on nomme "l'âge de raison" mais Dragon1 change : il est en demande d'autonomie (il se douche seul, même si la salle de bain est bien humide à la fin), commence à aider spontanément pour de menues tâches dans la maison, se montre (enfin !) un peu pudique...
L'assessment of need officer a enfin rappelé, nous devrions donc être recontactés pour passer la full battery des tests possibles : psy (avec ma copine si j'ai bien compris :/ ), occupational therapy, ergotherapeute et orthophoniste.
En attendant (encore), il est d'ores et déjà prévu qu'il intègre un groupe de "gestion des émotions" au mois de mars (de notre poche). Bref, on dirait que ça s'allège un peu.
Dragon2 : il est plus difficile d'évaluer son niveau global, sa maîtresse ne parlant pas du tout français et lui montrant une certaine résistance vis-à-vis de l'anglais. Néanmoins, il est capable d'être très intéressé notamment dans les apprentissages des sons, il déroute sa maîtresse par la rapidité et la facilité avec laquelle il réalise les exercices alors même qu'il n'a pas la consigne. Il y aurait là quelques rayures que ça ne serait guère surprenant... Le reste du temps il est dans son monde, se chipote parfois avec les autres élèves, se déplace dans la classe sans y être invité... C'est mieux quand il a quelqu'un près de lui pour l'aider à se focaliser, et la maîtresse laisse entendre qu'il faudra peut-être demander une SNA pour lui aussi.
Il aura droit à ses évaluations, en package allégé (juste psy et occupational therapist OT).
Il semble cependant plutôt content d'aller à l'école, joue mieux dans la cour, et continue de grandir malgré un régime constitué pour moitié de TUC et de petits suisses (les seules choses qu'il mange dans sa lunchbox).
Nous voilà donc en grand week-end, que je vais pouvoir consacrer à la chasse aux papiers divers... Comme prévu le Medical Council me réclame un diplôme de fin de deuxième cycle que je n'ai pas (et pour cause, il n'a été créé que l'année suivant mon internat !). Reste à le leur faire entendre...
Quant au dossier pour le Child Benefit, il atteint une cinquantaine de pages, et je m'attends à ce que ça ne suffise probablement pas non plus. Passion paperasse.
A cette occasion, les maîtresses proposent un bilan de mi-année, qui au final ne s'avère pas si désastreux que ça.
Dragon1 : nous ne nous sommes pas étendus sur les problèmes de comportement, déjà bien débattus par ailleurs, mais plutôt sur ses résultats académiques, qui globalement sont bons. Ce qui n'est pas si mal, considérant qu'il n'est présent que deux heures par jours et qu'il n'écoute que la moitié de ce temps-là. Son niveau en anglais dépasse celui attendu pour un enfant non anglophone (EASL english as a second language), son écriture s'améliore, il possède déjà tous les prérequis en maths. Merci donc la zébritude (pour une fois !) qui permet de ne pas perdre complètement cette année malgré les difficultés rencontrées.
Néanmoins, nous concluons cette période sur 6 bons jours consécutifs (un record !), un dragonnet content de lui et les félicitations de sa maîtresse, ce qui fait du bien. Ni elle ni nous ne crions victoire, mais disons que l'horizon parait moins bouché. Déjà elle évoque à demi-mots sa présence dans l'établissement l'année prochaine, et les formalités sont en cours pour recruter une vraie SNA.
Peut-être est-ce l'approche de ce qu'on nomme "l'âge de raison" mais Dragon1 change : il est en demande d'autonomie (il se douche seul, même si la salle de bain est bien humide à la fin), commence à aider spontanément pour de menues tâches dans la maison, se montre (enfin !) un peu pudique...
L'assessment of need officer a enfin rappelé, nous devrions donc être recontactés pour passer la full battery des tests possibles : psy (avec ma copine si j'ai bien compris :/ ), occupational therapy, ergotherapeute et orthophoniste.
En attendant (encore), il est d'ores et déjà prévu qu'il intègre un groupe de "gestion des émotions" au mois de mars (de notre poche). Bref, on dirait que ça s'allège un peu.
Dragon2 : il est plus difficile d'évaluer son niveau global, sa maîtresse ne parlant pas du tout français et lui montrant une certaine résistance vis-à-vis de l'anglais. Néanmoins, il est capable d'être très intéressé notamment dans les apprentissages des sons, il déroute sa maîtresse par la rapidité et la facilité avec laquelle il réalise les exercices alors même qu'il n'a pas la consigne. Il y aurait là quelques rayures que ça ne serait guère surprenant... Le reste du temps il est dans son monde, se chipote parfois avec les autres élèves, se déplace dans la classe sans y être invité... C'est mieux quand il a quelqu'un près de lui pour l'aider à se focaliser, et la maîtresse laisse entendre qu'il faudra peut-être demander une SNA pour lui aussi.
Il aura droit à ses évaluations, en package allégé (juste psy et occupational therapist OT).
Il semble cependant plutôt content d'aller à l'école, joue mieux dans la cour, et continue de grandir malgré un régime constitué pour moitié de TUC et de petits suisses (les seules choses qu'il mange dans sa lunchbox).
Nous voilà donc en grand week-end, que je vais pouvoir consacrer à la chasse aux papiers divers... Comme prévu le Medical Council me réclame un diplôme de fin de deuxième cycle que je n'ai pas (et pour cause, il n'a été créé que l'année suivant mon internat !). Reste à le leur faire entendre...
Quant au dossier pour le Child Benefit, il atteint une cinquantaine de pages, et je m'attends à ce que ça ne suffise probablement pas non plus. Passion paperasse.
dimanche 14 février 2016
Un bureau pour maman
Ce matin, j'ai embarqué les dragonnets pour me rendre chez le grand suédois (pas Sven, l'autre avec les meubles là...) histoire de trouver un bureau pour moi.
Un grand beau bureau pour moi rien que pour moi (qui est encore beau car pas encombré). C'est peut-être un peu tarte mais je suis bien contente et je me dis que j'aurais du le faire plus tôt ! Maintenant je n'ai plus d'excuse pour repousser encore la paperasse...
J'étais contente, j'en ai trouvé un pile poil aux bonnes mesures, qui avait l'air bien.
Les enfants ont été mignons, j'ai presque pas acheté de merdouilles à côté (bon, un fouet, mais c'est parce que j'ai cassé le mien en faisant des crêpes l'autre jour, et deux trucs de rangement, franchement trois fois rien... :) et après les traditionnelles boulettes/frites on a chargé les cartons sur le chariot et zou... Enfin queue à la caisse, erreur de carton, retour rayon, re-queue à la caisse, parcours d'obstacle chariot jusqu'à la voiture et là... bim ! Le carton ne rentre pas.
Maline, je rabats la banquette en passant Dragon1 devant : ça ne rentre toujours pas ! C'est un monsieur qui m'a suggéré de tout défaire, et du coup, là, oui, ça rentrait... Bon, c'était pas super confortable pour Dragon2 mais il était ravi de sa cabane improvisée.
![]() |
| Ravi, vous dis-je ! |
![]() |
| En tas, ça rentre... |
Du coup, l'après-midi a été consacrée à divers vissages / emboîtage / clipsage et autres et voilà le résultat :
mardi 9 février 2016
Le début d'un frémissement de mouvement...
Je n'irais pas jusqu'à dire qu'on avance, mais enfin il semble que nous reprenions un certain mouvement, quoique demandant beaucoup d'efforts.
Par exemple, il aura fallu une demi-douzaine de mails et courriers divers pour que ma mutuelle française se rende compte que j'étais radiée depuis décembre, et finisse par ne plus me prélever (et me rembourser !) mes cotisations...
Pareil, il aura fallu 4 mails aux diverses branches du Conseil de l'Ordre pour qu'enfin soit produit le papier demandé (papier réclamé par son homologue irlandais, au demeurant, avec qui je vais pouvoir entamer une longue et j'espère fructueuse correspondance administrative...)
Concernant Dragon1, j'ai rendez-vous vendredi dans un cabinet d'Occupational Therapist, pour une évaluation de ses besoins. Je dirais "Enfin !". Et je dirais "Pas merci, les gens", vu que c'est finalement moi toute seule qui ait épluché les annuaires et les sites web et envoyé des mails désespérés en attendant des réponses.
De l'assessment of need officer (appelons-le ass pour faire court), toujours zéro nouvelles (pour un rendez-vous autour du 10 février, ça me paraît compromis, n'est-il pas ?)
J'attends toujours les coordonnées de la psychologue francophone (3eme mail de relance, je ne désespère pas...) Bref, malgré les bonnes volontés affichées et certainement réelles, je me sens quand même très très seule dans cette jungle de correspondants divers.
Les dragonnets pendant ce temps poursuivent leur chemin cahin-caha. Dragon1 commence à faire des phrases simples en anglais, n'a presque plus besoin de traduction à l'école, et Dragon2 pour sa part commence à mêler des mots anglais dans ses phrases françaises (ou presque : "il a savu", "j'ai prendu"... A quand la réforme de la grammaire ?)
Je continue à danser quand je le peux (on est encore loin de Riverdance) et je m'occupe l'esprit avec un mooc (un cours universitaire gratuit en ligne, pour ceux qui ne connaissent pas) sur la culture "fantasy". Mine de rien, c'est hyper intéressant, et je réalise que je suis totalement le coeur de cible :P
La semaine dernière, BigCompany organisait un atelier de préparation à la recherche d'emploi pour les +1 (entendez, les partenaires de leurs nouveaux employés). Mon cas est un peu particulier, mais c'est intéressant de réfléchir à ses qualités, ses motivations, ses désirs, ce qu'on envisage...
Je réalise a posteriori que je suis passée très près du burn-out (le truc à la mode qui consiste basiquement à trop donner et souffrir au travail et craquer du jour au lendemain), ce que le déménagement m'a évité comme une sorte d'échappatoire tombé du ciel. Mais au moment de remettre le pied à l'étrier, je me pose des questions sur moi, sur mes désirs et mes capacités, mes rêves profonds et mes motivations. Je n'ai aucune envie de reproduire ici ma vie antérieure. J'ai bientôt 40 ans, une chance de dingue, je veux en faire quelque chose, je veux une vie meilleure. Haha.
Bref, c'est pas encore le printemps, mais on n'en est pas loin, la sève frémit et j'espère enfin, bientôt, de beaux bourgeons...
Par exemple, il aura fallu une demi-douzaine de mails et courriers divers pour que ma mutuelle française se rende compte que j'étais radiée depuis décembre, et finisse par ne plus me prélever (et me rembourser !) mes cotisations...
Pareil, il aura fallu 4 mails aux diverses branches du Conseil de l'Ordre pour qu'enfin soit produit le papier demandé (papier réclamé par son homologue irlandais, au demeurant, avec qui je vais pouvoir entamer une longue et j'espère fructueuse correspondance administrative...)
Concernant Dragon1, j'ai rendez-vous vendredi dans un cabinet d'Occupational Therapist, pour une évaluation de ses besoins. Je dirais "Enfin !". Et je dirais "Pas merci, les gens", vu que c'est finalement moi toute seule qui ait épluché les annuaires et les sites web et envoyé des mails désespérés en attendant des réponses.
De l'assessment of need officer (appelons-le ass pour faire court), toujours zéro nouvelles (pour un rendez-vous autour du 10 février, ça me paraît compromis, n'est-il pas ?)
J'attends toujours les coordonnées de la psychologue francophone (3eme mail de relance, je ne désespère pas...) Bref, malgré les bonnes volontés affichées et certainement réelles, je me sens quand même très très seule dans cette jungle de correspondants divers.
Les dragonnets pendant ce temps poursuivent leur chemin cahin-caha. Dragon1 commence à faire des phrases simples en anglais, n'a presque plus besoin de traduction à l'école, et Dragon2 pour sa part commence à mêler des mots anglais dans ses phrases françaises (ou presque : "il a savu", "j'ai prendu"... A quand la réforme de la grammaire ?)
Je continue à danser quand je le peux (on est encore loin de Riverdance) et je m'occupe l'esprit avec un mooc (un cours universitaire gratuit en ligne, pour ceux qui ne connaissent pas) sur la culture "fantasy". Mine de rien, c'est hyper intéressant, et je réalise que je suis totalement le coeur de cible :P
La semaine dernière, BigCompany organisait un atelier de préparation à la recherche d'emploi pour les +1 (entendez, les partenaires de leurs nouveaux employés). Mon cas est un peu particulier, mais c'est intéressant de réfléchir à ses qualités, ses motivations, ses désirs, ce qu'on envisage...
Je réalise a posteriori que je suis passée très près du burn-out (le truc à la mode qui consiste basiquement à trop donner et souffrir au travail et craquer du jour au lendemain), ce que le déménagement m'a évité comme une sorte d'échappatoire tombé du ciel. Mais au moment de remettre le pied à l'étrier, je me pose des questions sur moi, sur mes désirs et mes capacités, mes rêves profonds et mes motivations. Je n'ai aucune envie de reproduire ici ma vie antérieure. J'ai bientôt 40 ans, une chance de dingue, je veux en faire quelque chose, je veux une vie meilleure. Haha.
Bref, c'est pas encore le printemps, mais on n'en est pas loin, la sève frémit et j'espère enfin, bientôt, de beaux bourgeons...
jeudi 28 janvier 2016
Rainbow
On m'avait prévenue, mais c'est vrai : ce pays élève les giboulées au rang d'art. Il pleut à verse le matin, et deux heures plus tard le ciel est clair et dégagé. Toutes les conditions sont réunies pour observer de magnifiques arc-en-ciel, comme celui que nous avons vu avant-hier.

Côté école, c'est un peu pareil je dirais : des éclaircies, des grosses averses, quelques coups de vent... Si j'avais écrit hier, j'aurais parlé d'éclaircies et d'arc-en-ciel, de printemps qui arrive enfin. Mais comme ce matin j'ai rencontré la maîtresse c'est devenu beaucoup moins idyllique...
On a beau essayer de tordre et d'adapter les moules, Dragon1 ne rentre pas dedans. Plus on essaie, plus je le sens malheureux, et plus il est malheureux, moins bien il se comporte. C'est difficile d'être celle qui fait la sourde oreille quand il a mal au ventre le matin, de supprimer peu à peu tout ce qu'il aime à la maison parce qu'il faut bien montrer qu'on n'approuve pas qu'il renverse les meubles, surtout quand au final ça ne change rien.
Les choses semblent se débloquer du côté de l'assessment of need : nous devrions recevoir un rendez-vous dans les 15 jours. J'ai peur de placer un peu trop d'espoir dans ce rendez-vous. Je veux dire à part constater que ça ne va pas et nous faire poireauter encore pour rencontrer Machin ou Bidule, je ne vois pas comment ça va aider mes dragonnets à trouver leur place ici... J'ai au moins trouvé le nom d'une psychologue qui parle français, au final, je crois que ça va se terminer comme ça. La mutuelle de BigCompany ne va pas nous aimer beaucoup.
Je continue le irish dancing. La prof veut nous faire participer à une exhibition pour le centenaire du Easter Rising (en 1916, quelques rebelles indépendantistes ont tenté de proclamer une République, ça n'a pas trop marché, mais ça a lancé le mouvement... C'était il y a 100 ans à peine. C'est fou non ?)

Côté école, c'est un peu pareil je dirais : des éclaircies, des grosses averses, quelques coups de vent... Si j'avais écrit hier, j'aurais parlé d'éclaircies et d'arc-en-ciel, de printemps qui arrive enfin. Mais comme ce matin j'ai rencontré la maîtresse c'est devenu beaucoup moins idyllique...
On a beau essayer de tordre et d'adapter les moules, Dragon1 ne rentre pas dedans. Plus on essaie, plus je le sens malheureux, et plus il est malheureux, moins bien il se comporte. C'est difficile d'être celle qui fait la sourde oreille quand il a mal au ventre le matin, de supprimer peu à peu tout ce qu'il aime à la maison parce qu'il faut bien montrer qu'on n'approuve pas qu'il renverse les meubles, surtout quand au final ça ne change rien.
Les choses semblent se débloquer du côté de l'assessment of need : nous devrions recevoir un rendez-vous dans les 15 jours. J'ai peur de placer un peu trop d'espoir dans ce rendez-vous. Je veux dire à part constater que ça ne va pas et nous faire poireauter encore pour rencontrer Machin ou Bidule, je ne vois pas comment ça va aider mes dragonnets à trouver leur place ici... J'ai au moins trouvé le nom d'une psychologue qui parle français, au final, je crois que ça va se terminer comme ça. La mutuelle de BigCompany ne va pas nous aimer beaucoup.
Je continue le irish dancing. La prof veut nous faire participer à une exhibition pour le centenaire du Easter Rising (en 1916, quelques rebelles indépendantistes ont tenté de proclamer une République, ça n'a pas trop marché, mais ça a lancé le mouvement... C'était il y a 100 ans à peine. C'est fou non ?)
samedi 23 janvier 2016
Racket en bande organisée
Déjà en France, je me suis toujours demandée à quoi servaient exactement les 300 euros et des brouettes que chaque médecin doit payer au Conseil de l'Ordre chaque année. On m'a bien expliqué que c'était pour me protéger, m'enfin j'ai jamais trop vu la protection.
Ma seule vraie rencontre avec l'Ordre, ce fut lors de la visite obligatoire avec un membre du Conseil pour ma première inscription. C'était un vieux médecin qui exerçait dans le vieux Senlis. Je me suis perdue, j'ai mis du temps à me garer, il m'a engueulée parce que j'étais en retard. Accueil chaleureux. J'ai dit que j'avais un poste d'assistante des hôpitaux, ça ne l'intéressait pas, l'Ordre c'est pour les libéraux. Confraternité. Il m'a demandé si j'avais des problèmes qui m'empêchaient d'exercer, j'ai dit "non", il a signé mon papier. Compétence.
Moi la seule chose que j'en ai compris, blonde que je suis, c'est que si je payais pas les 300 euros par an, j'avais plus le droit d'exercer. Ah, et aussi je recevais un caducée à mettre sur ma voiture. C'est joli mais ça m'a jamais vraiment servi pour trouver une place dans le parking de l'hôpital.
Quand j'ai changé de région, j'ai compris que mes sous ne servaient pas à uniformiser et partager l'information. Il a fallu refaire tout le tralala auprès d'un autre conseil départemental. J'ai du négocier au téléphone pour m'épargner la seconde visite auprès d'un autre membre éminent du Conseil à l'autre bout du département.
Quand j'ai quitté le pays, j'ai reçu un courrier me demandant si je voulais m'inscrire sur la liste des médecins résidant à l'étranger. Pour la modique somme de 300 euros par an, j'ai le droit de me réinscrire en France à mon retour avec des formalités simplifiées (!).
Heureusement, grâce à l'Europe, il existe une équivalence de diplômes entre les pays. Je n'ai donc rien à prouver, rien à repasser, juste un formulaire de 20 pages à remplir, la photocopie certifiée conforme de mon diplôme (et sa traduction assermentée : 50 €) à fournir, et il faut que je demande au Conseil de l'Ordre Français de certifier que je paye bien régulièrement et que je ne suis pas punie.
Avec ça, je dois payer 640 € non remboursables pour que le Medical Council Irlandais daigne étudier mon dossier, qui s'il est accepté, me donnera le droit de payer 650 € par an pour avoir le droit d'exercer.
Alors oui, je suis d'accord qu'il faut rémunérer le travail des gens qui étudient les demandes. Et je reconnais la nécessité d'un organisme qui centralise et organise le travail des médecins.
Mais quand même y a que moi que ça dérange profondément de devoir payer autant pour avoir le droit de m'épuiser à rendre service à la société ? Est-ce que les éboueurs doivent payer une taxe exorbitante pour avoir le droit d'effectuer un travail pénible et nécessaire ?
Pourquoi est-ce que cette belle société issue du régime de Vichy qu'on me présente comme confraternelle me donne l'impression qu'elle ne sert qu'à rémunérer les cigares et les rêves de politique de quelques soixantenaires bedonnants ? Pourquoi suis-je encore déçue de constater que ce genre de racket organisé est universel ?
Ma seule vraie rencontre avec l'Ordre, ce fut lors de la visite obligatoire avec un membre du Conseil pour ma première inscription. C'était un vieux médecin qui exerçait dans le vieux Senlis. Je me suis perdue, j'ai mis du temps à me garer, il m'a engueulée parce que j'étais en retard. Accueil chaleureux. J'ai dit que j'avais un poste d'assistante des hôpitaux, ça ne l'intéressait pas, l'Ordre c'est pour les libéraux. Confraternité. Il m'a demandé si j'avais des problèmes qui m'empêchaient d'exercer, j'ai dit "non", il a signé mon papier. Compétence.
Moi la seule chose que j'en ai compris, blonde que je suis, c'est que si je payais pas les 300 euros par an, j'avais plus le droit d'exercer. Ah, et aussi je recevais un caducée à mettre sur ma voiture. C'est joli mais ça m'a jamais vraiment servi pour trouver une place dans le parking de l'hôpital.
Quand j'ai changé de région, j'ai compris que mes sous ne servaient pas à uniformiser et partager l'information. Il a fallu refaire tout le tralala auprès d'un autre conseil départemental. J'ai du négocier au téléphone pour m'épargner la seconde visite auprès d'un autre membre éminent du Conseil à l'autre bout du département.
Quand j'ai quitté le pays, j'ai reçu un courrier me demandant si je voulais m'inscrire sur la liste des médecins résidant à l'étranger. Pour la modique somme de 300 euros par an, j'ai le droit de me réinscrire en France à mon retour avec des formalités simplifiées (!).
Heureusement, grâce à l'Europe, il existe une équivalence de diplômes entre les pays. Je n'ai donc rien à prouver, rien à repasser, juste un formulaire de 20 pages à remplir, la photocopie certifiée conforme de mon diplôme (et sa traduction assermentée : 50 €) à fournir, et il faut que je demande au Conseil de l'Ordre Français de certifier que je paye bien régulièrement et que je ne suis pas punie.
Avec ça, je dois payer 640 € non remboursables pour que le Medical Council Irlandais daigne étudier mon dossier, qui s'il est accepté, me donnera le droit de payer 650 € par an pour avoir le droit d'exercer.
Alors oui, je suis d'accord qu'il faut rémunérer le travail des gens qui étudient les demandes. Et je reconnais la nécessité d'un organisme qui centralise et organise le travail des médecins.
Mais quand même y a que moi que ça dérange profondément de devoir payer autant pour avoir le droit de m'épuiser à rendre service à la société ? Est-ce que les éboueurs doivent payer une taxe exorbitante pour avoir le droit d'effectuer un travail pénible et nécessaire ?
Pourquoi est-ce que cette belle société issue du régime de Vichy qu'on me présente comme confraternelle me donne l'impression qu'elle ne sert qu'à rémunérer les cigares et les rêves de politique de quelques soixantenaires bedonnants ? Pourquoi suis-je encore déçue de constater que ce genre de racket organisé est universel ?
jeudi 21 janvier 2016
En voiture !
Après quelques mois, la conduite à gauche devient assez automatique. Je me laisse encore surprendre parfois dans les parkings, et j'ai besoin de réfléchir aux intersections que je ne connais pas bien mais dans l'ensemble ça va.
Nous avons une voiture moderne qui crie quand elle va avoir besoin d'essence, qui dit quand il fait froid, et qui se souvient de ses rendez-vous. Genre là elle nous disait qu'en janvier c'était l'heure de la révision.
Déjà en France, les garagistes c'était un peu un monde à part, mais ici avec un bon accent irlandais, je vous explique même pas. Je ne peux pas m'empêcher de penser à ces mamans non francophones qui me regardaient l'air un peu perdu en disant "oui, oui" quand je pensais être très claire dans mes explications...
(Et les traducteurs ne sont pas d'un grand secours : je suis contente de savoir qu'un flywheel est un volant d'inertie, mais ça ne me dit pas à quoi ça sert ni si c'est grave que ça fasse du bruit...)
Du coup, c'est dur de savoir si les prix assez exorbitants sont normaux ou secondaires au mot "PIGEONNE" écrit en lettres capitales sur mon front. Internet semble dire que c'est dans les prix du marché, une part de moi se demande malgré tout dans quelle mesure je ne me fais pas entuber.
Enfin, vu le temps que j'y passe, dans cette voiture, autant bien l'entretenir...
Nous avons une voiture moderne qui crie quand elle va avoir besoin d'essence, qui dit quand il fait froid, et qui se souvient de ses rendez-vous. Genre là elle nous disait qu'en janvier c'était l'heure de la révision.
Déjà en France, les garagistes c'était un peu un monde à part, mais ici avec un bon accent irlandais, je vous explique même pas. Je ne peux pas m'empêcher de penser à ces mamans non francophones qui me regardaient l'air un peu perdu en disant "oui, oui" quand je pensais être très claire dans mes explications...
(Et les traducteurs ne sont pas d'un grand secours : je suis contente de savoir qu'un flywheel est un volant d'inertie, mais ça ne me dit pas à quoi ça sert ni si c'est grave que ça fasse du bruit...)
Du coup, c'est dur de savoir si les prix assez exorbitants sont normaux ou secondaires au mot "PIGEONNE" écrit en lettres capitales sur mon front. Internet semble dire que c'est dans les prix du marché, une part de moi se demande malgré tout dans quelle mesure je ne me fais pas entuber.
Enfin, vu le temps que j'y passe, dans cette voiture, autant bien l'entretenir...
Inscription à :
Articles (Atom)


